56 voix pour. 8 contre. 2 abstentions. Le Prevention Terrorism (Amendment) Bill a été votée, avec amendements, avec une majorité de trois quarts. Si du côté de la majorité, tout le monde a répondu présent, les mauves Veda Baloomoody et Adiil Ameer Meea étaient absents de l’hémicycle. Tout comme Jean Claude Barbier du Mouvement patriotique.

Zouberr Joomaye, qui siège en indépendant depuis la reprise des travaux, s’est prononcé en faveur des amendements proposés, ce que certains élus de l’Alliance Lepep n’ont pas manqué de relever. Joe Lesjongqrd et Raffick Sorefan, indépendants également, ont voté pour.

Alan Ganoo, président du parti de la rose, s’est abstenu sur ce projet de loi. Tout comme Danielle Selvon. Mais les deux ont voté en faveur des amendements à la Constitution qui accompagne ce projet de loi.

Ceux qui ont voté « non » sont, sans surprise, les 3 parlementaires travaillistes ainsi que les 4 députés MMM présents, dont le leader de l’opposition. Le parti du cœur avait, depuis la semaine dernière, affiché sa position sur le sujet. Kavi Ramano s’est aussi prononcé contre.

L’amendement circulé par Alan Ganoo a été refusé. Celui-ci concernait la clause autorisant le Premier ministre à intervenir auprès des service providers pour limiter les communications suspectes. Que cette responsabilité revienne au Commissaire de police et que celui-ci doive d’abord se référer à un juge en chambre n’est pas justifiée, estime sir Anerood Jugnauth. Arguant que cela ralentirait inutilement une intervention qui se veut rapide.

Durant son summing up, le Premier ministre a indiqué que les membres de l’Alliance Lepep ont déjà répondu à la plupart des points soulevés par l’opposition durant les débats, la semaine dernière et aujourd’hui. Il déplore toutefois que « certaines personnes, dont Shakeel Mohamed, ont tenté du ‘cheap politics’ » en essayant de créer « la mauvaise perception » que ces amendements visent une communauté précise.

La nomination du directeur de la Counter Terrorism Unit, assure-t-il, se fera en fonction des procédures existantes pour nommer un « public official ». Le scheme of service pour ce poste, note-t-il, remonte à 2009.

Sir Anerood Jugnauth est revenu sur la polémique suscitée par la présence de caméras de surveillance sur le campus du Réduit, et gérées par la police. Ainsi que l’a déclaré la vice-Chancelière, la semaine dernière, l’installation s’est faite après discussions entre la police et l’université de Maurice. L’université de Maurice, suggère le Premier ministre, pourrait s’inspirer des Codes de bonnes pratiques adoptés ailleurs où des projets similaires ont été initiés sur des campus universitaires.

Photo (archives) : Parade des nouvelles recrues, en octobre 2015. De nombreux députés de l’opposition ont exprimé des inquiétudes que ces amendements ne favorisent des dérives, dont des abus de pouvoir de la police.