Chanteur, musicien, arrangeur… L’un des zarboutan du sega s’en est allé. Marclaine Antoine s’est éteint ce mardi 31 octobre. Celui qui se disait griot, faute de mot mais surtout parce que l’Etat ne reconnaît toujours pas le statut d’artiste laisse derrière lui un riche héritage musical. Celui pour qui le son, nouveau ou ancien, retenait toujours l’oreille.

Sa maison-musée regorge d’instruments de musique qui en témoigne. Anciens comme le bobre, le zez, le makalapo ; détournés à partir d’objets usuels types cuillers et autres conserves… plus classique, comme la guitare qu’il taquinait depuis ses 11 ans et qui l’a fait monter sur scène… Amassés au gré des rencontres, des voyages des découvertes. (suite du texte plus bas)

Marclaine Antoine était un amoureux de la musique qui aimait la partageait avec tous ceux qui le sollicitaient. Que l’on vienne lui rendre visite de manière impromptue, qu’on l’invite à participer à des projets… Il était d’ailleurs toujours dans la recherche de sons, dans la transmission de son savoir et de ses techniques. Les nombreux musiciens qui ont défilé chez lui durant toutes ces années le savent. (suite du texte plus bas)

Son emprisonnement, en 2004, pour possession d’une vieille arme à feu lui avait laissé un goût amer. Arrêté sur la base d’une dénonciation, Marclaine Antoine n’avait eu de cesse de souligner que l’arme en question, acquise une vingtaine d’années plus tôt, avait pourtant servi sur la scène locale… par l’entremise du ministère des Arts et de la Culture… La parenthèse carcérale n’avait heureusement pas entamé sa passion pour la musique. Les jeunes qu’il continuait d’accompagner pourront en témoigner.

Marclaine Antoine était, certes, attaché aux racines. Aux fondements du sega et aux instruments qui l’ont forgé. Mais il était résolument de son temps. L’artiste avait un compte Facebook, qu’il animait régulièrement d’anecdotes, de souvenirs, de réflexions et de blagues aussi souvent. Depuis ce matin, les hommages s’y enchaînent. A l’instar du groupe Abaim. (suite du texte plus bas)

L’année 2017 marquait les 60 ans de carrière de l’artiste et ses 71 ans. Grand militant pour la musique, il avait notamment poussé l’engagement en étant conseiller au ministère des Arts et de la Culture et président de la Mauritius Society of Authors, en pensant pouvant faire changer les choses.

Il réclamait également que le statut de l’artiste soit reconnu par l’Etat. Lui qui a été nommé ambassadeur culturel des Seychelles en 2015.

Les funérailles de Marclaine Antoine auront lieu ce samedi. A ses proches et à tous ceux que ce deuil afflige, nos sincères condoléances.