Une brève maladie l’a emporté mais le sega tipik de Michel Legris continuera de résonner en nous. Le ségatier s’est éteint, à l’âge de 83 ans, aux petites heures de ce vendredi 30 janvier.

Né d’un père cordonnier et d’une mère couturière, il ne fréquente pas longtemps les bancs de l’école. Cela ne sera pourtant pas un frein. Michel Legris apprend le métier, très jeune, aux côtés de son père puis fera, plus tard, l’armée en Angleterre.

C’est d’ailleurs de ce périple qu’il ramènera le swahili intégré dans son tube Mo Capitaine. Morceau qui lance sa carrière de ségatier lorsqu’il lui permet de remporter le concours Sugar Time, en 1972, –  alors qu’il est employé dans l’industrie sucrière. Car si, à son retour, Michel Legris reprend de l’emploi dans ce secteur – qu’il avait intégré à l’âge de 12 ans –, le sega et sa ravanne ne sont jamais bien loin.

Depuis, armé de son sapo lapay et de sa ravanne, instrument qu’il fabrique également, Michel Legris a fait nombre de concerts sur notre sol et ailleurs. Pour porter haut et loin notre sega. Avec des titres comme La sezon mare nwar, La rivier Otriv ou encore Dalma Dalma. Ce qui lui vaut, en 2007, d’être décoré par la République pour sa contribution dans le domaine culturel. Les années qui passent ne l’empêchent pas de monter encore et toujours sur scène. Et de s’ouvrir à d’autres styles. Il signe ainsi, il y a quelques années, le titre Le Paresseux avec le groupe OSB.

Aujourd’hui, le capitaine n’est plus. Il a pris son bateau et s’en est allé voguer sur d’autres eaux. Nous laissant un riche héritage. Bon vent !

Ses obsèques auront lieu demain, samedi 31 janvier, à 9h. Le convoi mortuaire quittera son domicile, à Plaine-des-Roches, pour se diriger vers le cimetière de Poudre-d’Or.

Photo : Clyde Koa Wing