Deux hommes encagoulés et armés ont fait irruption vers 11h30 ce matin au siège de Charlie Hebdo, à Paris, et ont fait feu. Douze personnes sont décédées et parmi la vingtaine de blessées, quatre sont jugés dans un état grave.
Pour une journaliste du magazine satirique français, « les attaquants étaient renseignés ». Dans une déclaration au journal Le Monde, elle avance qu’ils « savaient qu’il y avait le mercredi à 10 heures, la réunion de rédaction hebdomadaire ». Et donc le plus de monde au siège de Charlie Hebdo.
Suite à cette attaque armée, la rédaction se trouve décimée. Parmi les victimes figurent, en effet, les dessinateurs vedettes Charb, qui était également directeur de la publication, Cabu, Wolinski et Tignous. Deux policiers sont également décédés.
François Hollande n’a pas mâché ses mots. « La France est aujourd’hui devant un choc, devant un attentat terroriste », a déclaré le président français devant les locaux de Charlie Hebdo où il s’est rendu. Et de dénoncer « une exceptionnelle barbarie » vis-à-vis d’un journal, « c’est-à-dire l’expression de la liberté ».
Les circonstances de cet attentat, le plus meurtrier en France depuis ces 40 dernières années, demeurent floues pour l’heure. Quelques instants avant la fusillade, le journal a publié un tweet de vœux pour cette nouvelle année montrant Abou Bakr al-Baghdadi, le leader de l’Etat Islamique.
Dans la première vidéo diffusée (voir plus bas), on entend retentir quatre coups de feu, puis le cri « Allah Akbar ». Les coups de feu reprennent ensuite avant que les agresseurs, armés de kalachnikov et d’un lance-roquette, ne prennent la fuite avec un automobiliste comme otage. Selon des témoignages, les agresseurs – qui étaient trois au total, selon les autorités – auraient lancé : « Nous avons vengé le prophète ! » Ils sont toujours activement recherchés.

Depuis la publication de caricatures du prophète Mohamed en 2011, Charlie Hebdo est régulièrement la cible de menaces. Le siège de la rédaction avait ainsi été incendié en novembre 2011. Suite au déménagement dans ses nouveaux locaux, la rédaction du magazine ainsi que Charb bénéficiaient d’une protection policière. Le rédacteur en chef Gérard Biard précise, pour sa part, que « les menaces étaient ressenties de facon moins forte ces derniers temps (…). L’attaque est d’autant plus choquante ».

tweet charlie hebdo

Photo : Depuis l’attaque de ce matin, cette couverture de Charlie Hebdo est largement partagée sur Twitter.

Sources : Le Monde, Les Inrocks, BBC, The Guardian