La consolidation des relations commerciales indo-mauriciennes et Maurice comme plateforme stratégique vers l’Afrique ont été au cœur des interventions de sir Anerood Jugnauth, de Pravind Jugnauth, de Roshi Bhadain ainsi que de Vishnu Lutchmeenaraidoo ces derniers jours.

Ces membres du gouvernement se sont tour à tour adressé aux plus de 200 délégués indiens réunies à l’occasion du premier India-Mauritius Global Partnership Forum.

Le ministre des Finances a, hier, plaidé en faveur d’un accord commercial bilatéral solide, qui viserait notamment à réduire les droits de douane et boosterait ainsi davantage le commerce et l’investissement entre nos deux pays.

« L’Inde a toujours été l’un de nos principaux partenaires commerciaux », a relevé Pravind Jugnauth. « En 2015, environ 18% de nos importations provenaient de la Grande péninsule », dont une part importante de matières premières, a-t-il ajouté.

Le Grand argentier a mis en avant les « opportunités » qu’offre la position stratégique de Maurice entre l’Afrique et l’Asie, renforcée par nos ambitions de devenir un pôle d’aviation régional ainsi que nos projets de développement sur le continent.

Le Premier ministre sir Anerood Jugnauth (SAJ) l’avait d’ailleurs souligné lors de son allocution, dimanche. L’un des objectifs du pays est de développer un couloir aérien Inde-Maurice-Afrique similaire à celui inauguré avec l’Asie, en début d’année.

India-Mauritius Global Partnership Forum

Photo : India-Mauritius Global Partnership Forum/Facebook

« Notre rôle deviendra plus important à court terme, grâce aux zones économiques spéciales que Maurice développe en partenariat avec des Etats africains », a insisté Pravind Jugnauth. En invitant les hommes d’affaires indiens à en tirer profit.

Le marché africain, note-t-il au passage, devrait atteindre les Rs 1 400 milliards en termes de consommation d’ici 2020.

Les avenues de coopération, outre celles déjà existantes, sont nombreuses, dit Pravind Jugnauth. Avec un accent particulier sur le secteur maritime et le tourisme, mais aussi les services financiers.

Les compagnies indiennes souhaitant explorer des marchés de pays de la SADC et du COMESA, dont Maurice fait partie, pourront « exporter en franchise de douane si elles utilisent des opérations sur le territoire mauricien », a pour sa part fait ressortir Vishnu Lutchmeenaraidoo, ministre des Affaires étrangères. Avec notamment des opportunités au niveau du port franc.

Roshi Bhadain, ministre des Services financiers, en compagnie d’Ashish Chauhan, CEO de la Bombay Stock Exchange, lors du forum, ce 25 juillet à Balaclava.

Roshi Bhadain a, lui, souligné que contrairement « à ce que pensent les ‘prophètes de malheur’ » suivant la révision du traité de non-double imposition fiscale, il y a un « regain de confiance ». Le ministre des Services financiers en veut pour preuve la hausse de 35% notée par la Financial Services Commission au niveau des India-bound structures pour le mois de juin.

« Nous sommes positifs quant à notre avenir en tant que partenaire clé pour booster la croissance en Inde », qui reste « l’un de nos marchés les plus importants » a affirmé Bhadain, ce 25 juillet à Balaclava. Et le Mauritius International Financial Centre sera sans nul doute, dit-il, un « élément crucial » pour relier les entreprises mauriciennes et indiennes.

Outre d’être une juridiction transparente, Maurice ambitionne de devenir un centre d’arbitrage d’excellence, a fait valoir le ministre des Services financiers. Rappelant que le centre régional de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye sera basé à Ebène.

Plus de 100 firmes indiennes, a rappelé SAJ lors de l’ouverture du forum, sont engagées à Maurice dans divers secteurs d’activités. Sans compter celles basées chez nous en vue de développer des activités sur le continent africain.

Et d’évoquer les accords signés lors de la visite de son homologue Narendra Modi, ainsi que les actions entreprises en ce sens. A savoir, l’ouverture d’une branche du Board of Investment à New Delhi ou encore le partenariat entre les Bourses de Maurice et de l’Inde.

Maurice comme plateforme

La mise en place d’une plateforme mauricienne de négoce de matières premières et dérivés, avec des activités sur l’or, les diamants et autres pierres précieuses, intéresse nombre de firmes indiennes.

Le souhait du gouvernement mauricien, déclare le Premier ministre, est de renforcer et d’accroître les relations commerciales avec l’Inde. Les projets provenant de l’Inde, a-t-il assuré, seront examinés rapidement.

L’agenda de ces deux jours de conférences a été chargé. Avec de nombreuses interventions d’acteurs mauriciens clés et indiens au programme.

La conférence, qui a été lancée par le Premier ministre ce dimanche 24 juillet à l’hôtel Intercontinental, prend fin aujourd’hui avec un discours de clôture prononcée par la présidente de la République Ameenah Gurib-Fakim.

Une session spéciale sur l’économie bleue est toutefois prévue pour demain.