Six femmes ont été assassinées en 2 mois.

Par leur conjoint ou ex/compagnon de vie pour cinq d’entre elles.

Deux marches pacifiques ont été initiées par la mère d’une des victimes.

L’une a mobilisé environ 500 personnes le 19 février.

L’autre, qui a eu lieu ce samedi 1er mars, en a mobilisé environ 300.

800 Mauriciens sont sortis de leur petit confort quotidien pour dire non à la violence à l’égard des femmes.

800 sur 1,3 millions d’habitants !

Certes, ce n’est qu’une marche de sensibilisation.

Loin de suffire pour changer les mentalités et diminuer la violence.

Mais ce sont des actions de sensibilisation et d’advocacy des groupes activistes insistant sur la souffrance des victimes, sur la peur des enfants, etc. qui sont à l’origine de cette lutte contre la violence à l’égard des femmes dans le monde (Richie 2004).

S’indigner autrement que dans des conversations de salon ou à travers les réseaux sociaux est nécessaire !

Même si ce n’est qu’un premier et petit pas pour lutter contre la violence domestique.

Pour faire bouger les mentalités, il s’agira d’agir sur 3 plans :

– individuel

– institutionnel

– national

Il s’agit :

  • D’abord de refuser tout acte de violence verbale, physique, psychologique et sexuelle
  • D’adopter un point de vue critique sur toute situation de violence
  • D’arriver, en tant qu’adultes, à mettre en mots, et non en actes, notre ressenti.
  • D’avoir des activités d’expression, de libération et canalisation d’énergie
  • D’être un exemple de non-violence. Eviter de frapper, d’humilier autrui, sous le faux prétexte d’éduquer ou qu’on est trop stressé.
  • D’éduquer les enfants à s’exprimer autrement que par des actes de violence, tant en famille, qu’à l’école.
  • D’étendre le programme Les amis de Zippy à toutes les écoles de l’île.
  • De développer des programmes scolaires promouvant les relations saines et l’égalité des sexes. D’autres de prévention de la violence dans les fréquentations amoureuses des adolescents, agissant sur les facteurs individuels de la violence dont les habiletés relationnelles. (INSP Québec, 2011)
  • De multiplier les lieux d’accueil temporaires des femmes victimes de violence. D’augmenter le budget de ces centres.
  • D’insister sur la nécessité d’autonomie financière des femmes. Ce qui permettra plus facilement à une femme victime d’être aidée psychologiquement et légalement. D’avoir les moyens de se loger et de nourrir ses enfants, sans l’apport financier du partenaire.
  • De sensibiliser en insistant sur :

– les conséquences importantes de la violence de couple. Sur les plans psychologique, social, sexuel, et sur les enfants.

– la possibilité de recours aux ordonnances de protection à Maurice : Protection Order, Interim Protection Order, Occupation Order, Tenancy Order et Ancillary Order.

– le fait que la violence de couple est un cycle (Walker 1979).

La 1re phase de tension relève de la violence verbale et psychologique. Puis, advient la phase de violence physique. Et enfin la phase ‘lune de miel’ où le conjoint agresseur s’excuse, promet qu’il ne va pas recommencer, il comble sa partenaire de cadeaux, etc.

Ce processus se répète et se renforce. La violence augmente en intensité et en fréquence. Il importe que l’agresseur accepte de se faire aider pour interrompre le cycle de violence et modifier les comportements violents qu’il exerce depuis des mois ou des années.

  • D’insister pour qu’il y ait des recherches à l’île Maurice sur ce thème.
  • De proposer des traitements d’abus de substances chez les conjoints ayant des comportements violents. (INSP Québec, 2011)
  • De former le personnel de santé à détecter les victimes de violence conjugale
  • De demander de l’aide si on est victime ou agresseur
  • De penser à une thérapie pour les enfants témoins de cette violence
  • De faire intervenir la police pour protéger toute victime.

Arrêtons de penser, de nous cacher, disant que la violence de couple est une histoire de couple, de famille. C’est un problème d’ordre social important !

Nous sommes tous concernés !

Nous pouvons tous agir pour protéger une personne victime et refuser le recours à la violence.

Contacts utiles (téléphone)

  • Family Support Bureau

Hotline : 139 – Port-Louis : 213 00 02 – Rose-Belle : 627 28 29 – Goodlands : 283 30 00 – Bambous : 452 12 00

  • Police : 999, 208 00 34
  • SOS Femmes : 233 30 54