L’embargo russe durera un an. Dmitri Medvedev a annoncé, aujourd’hui, une « interdiction totale » avec effet immédiat des produits alimentaires provenant des USA, de l’Union européenne, de l’Australie, du Canada et de la Norvège.

Pour que l’embargo soit levé, explique Medvedev, les pays visés devront faire « preuve d’une approche constructive » et d’un « pragmatisme économique ». Au lieu de privilégier des « considérations politiques stupides ». Dimitri Medvedev dit espérer que « nos partenaires (…) penseront à ne pas isoler ou à faire peur à la Russie ».

Bœuf, porc, volaille, poisson, fromage, produits laitiers, légumes et fruits des pays cités plus haut ne seront donc plus en vente sur le territoire russe. Exception est faite pour les aliments pour bébé. Les Russes en déplacement à l’étranger pourront également ramener leurs achats. Cependant, préviennent les autorités russes, les tentatives d’écouler des marchandises prohibées sur le marché noir seront « sévèrement punis ».

La Russie est le deuxième plus gros marché, pour l’Europe, de produits alimentaires et de boissons.

L’interdiction de ces produits est une riposte face aux sanctions internationales votées récemment à l’encontre de Moscou à cause de son rôle dans la crise ukrainienne. La Russie soutient le mouvement séparatiste pro-russe en lui fournissant des armes et de l’expertise, selon les Occidentaux.

La première série de sanctions était intervenue au lendemain de l’annexion, par la Russie, de la Crimée en mars. Et le mois dernier, l’Union européenne et les Etats-Unis ont resserré les restrictions touchant des secteurs clés de l’économie.

Vladimir Poutine avait fait une annonce hier, mercredi 6 août, concernant l’embargo. « Bien évidemment, il faut le faire de manière extrêmement prudente, pour soutenir les producteurs russes mais sans faire de mal aux consommateurs », avait déclaré le président russe. Qui avait ajouté qu’user d’«instruments politiques de pression sur l’économie [est] inacceptable [et contredit] toutes les normes et toutes les règles ».

Moscou envisage également d’interdire aux compagnies européennes reliant l’Asie en passant par la Sibérie de survoler son espace aérien. Ce qui augmenterait les coûts et le temps de vol pour bon nombre de liaisons aériennes.

Sources : The Guardian, BBC, Le Monde – Photo via BBC