Nos voisins de l’île sœur attaquent probablement aujourd’hui une journée à sec. Au niveau du carburant, s’entend. En effet, les gérants de stations-service réunionnais démarrent, en ce jeudi 30 janvier, une grève illimitée. Ils emboîtent ainsi le pas à leurs confrères des Antilles-Guyane, rapporte Clicanoo.re, qui ont baissé les rideaux depuis hier.

Le site Zinfos974.com a publié, hier soir, un communiqué émanant des gérants de stations-service confirmant le « mouvement illimité ». Ils y annoncent également une réunion des gérants pour 5h30, ce matin, devant la Société réunionnaise de produits pétroliers, au Port.

Ce mouvement de grève intervient à la suite de l’appel de l’intersyndicale des gérants de stations-service des départements d’Outre-mer pour une « fermeture illimitée ». Celle-ci était en négociation depuis quelque temps avec le gouvernement sur le décret Lurel, qui vise à apporter plus de transparence sur la régulation des prix des carburants dans les départements d’Outre-mer.

Les discussions ayant été interrompues depuis mardi, à Bercy, entre l’intersyndicale et le ministère de l’Outre-mer, Linfo.re craint que la grève ne dure jusqu’à la reprise des négociations. Et de citer Gérard Lebon, président du syndicat réunionnais des exploitants de stations-service : « Il y aura une manifestation dure, on aura des non-ouvertures des stations-service jeudi matin. »

Ce décret, qui devrait être appliqué à partir de demain, vendredi 31 janvier, n’affecte pas directement les gérants de stations-service mais les pétroliers. Les premiers nommés craignent cependant qu’en voulant réduire la marge de profits des importateurs, quelques 3 600 postes ne soient menacés.

Invité de TV5 Monde à la mi-janvier, le ministre des Outre-mer Victorin Lurel avait, lui, défendu son décret et annoncé une baisse des prix à la pompe. « Les prix vont baisser, c’est une certitude. De combien ? Le quantum dépendra de l’effort fait par les pétroliers », a-t-il dit. « La rentabilité des capitaux est entre 20 et 25 %. C’est trop mais il faut que les importateurs vivent. Nous proposons 9 % de rémunération. »

Entre-temps, ce sont les clients qui font les frais de la grève. En prévision de la fermeture, rapportent les médias réunionnais, les files étaient interminables devant les stations-service depuis l’annonce de la nouvelle. Certaines d’entre elles étaient même en rupture de stock. L’attente devrait être longue encore aujourd’hui pour ceux qui arrivent à faire le plein, prévient Clicanoo.re dans un article publié ce matin.

Le Journal de l’île de la Réunion a aussi recueilli les réactions de quelques automobilistes venus faire le plein.

Photo (Gilbert Hoair via Réunion 1re) : Les stations-service ont été prises d’assaut, hier, les automobilistes tentant de faire le plein en prévision de la fermeture annoncée pour aujourd’hui.