L’audience sur le projet hôtelier du Chaland, à La Cambuse, a été marquée hier par le walk-out de ceux qui protestent contre la construction. Pas de temps pour se pencher sur les documents soumis par les promoteurs, affirment ces derniers. Tous les contestataires n’ont pas été conviés à l’audience, poursuivent-ils. Le groupe Currimjee assure, de son côté, que « la question environnementale est au cœur du développement » du Chaland Resort.

Il indique ainsi, dans un communiqué reçu hier, avoir obtenu le Ramsar Clearance. Un document obtenu en juin 2014 et essentiel dans le cadre de l’Environmental Impact Assessment Certificate. Le complexe hôtelier qu’il compte construire se situe, en effet, dans la zone du parc marin de Blue-Bay. Une zone sensible dont l’écosystème marin, pourtant classé comme zone de conservation pourrait être dégradé encore plus par un projet de cette envergure, craignent les contestataires, qui sont plus d’un millier (lire ici une étude commanditée en 2010 par l’ONG EcoSud, au rang des protestataires contre le projet Le Chaland Resort). Le groupe Currimjee fait valoir, pour sa part, que celui-ci se fera dans le strict respect des procédures et des lois.

« Il y a eu beaucoup de choses qui ont été dites sur notre projet mais pas vérifiées avant », note Dinesh Burrenchobay, de Currimjee Hospitality Management Ltd. L’audience qui s’est tenue à Rose-Belle, ce vendredi 14 août, a été l’occasion, dit le Managing Director, « d’expliquer clairement toutes les étapes pour l’obtention des permis et autres autorisations (…) dans le respect total de toutes les procédures et [des] législations ».

  • Recréation de la flore endémique

Pierre Baissac, géologue, a été le conseiller en écologie auprès des promoteurs pour « l’étude d’impact écologique sur l’EIA ». Le directeur de Diospyros Ltd, précise le communiqué, a de l’« expérience en matière de gestion de l’environnement ». « Ses recommandations seront scrupuleusement observées », indique le groupe Currimjee.

Parmi celles-ci figure un « plan de restauration détaillé de la dune ». La flore endémique « appropriée » sera replantée de manière « progressive » dans l’optique de recréer « l’écosystème et la forêt dunaire qui ornait la côte originellement avant l’arrivée de l’homme sur l’île ». Ce qui devrait aider à lutter contre l’érosion des côtes mais aussi de favoriser la « nidification des tortues de mer », note le communiqué. Ainsi, « jusqu’à 7 500 arbres et 2 000 palmes » seront mises en terre.

  • Zone tampon et station d’épuration

Alors que les contestataires du projet craignent que le projet ne réduise l’espace au niveau de la plage publique, les promoteurs ont indiqué durant l’audience l’établissement d’une « zone tampon ». Soit « un ‘set-back’ de 100 mètres à partir du niveau de la mer à marée haute » sur laquelle aucune structure de l’hôtel ne sera érigée. Pour faciliter l’accès à la plage, le groupe a indiqué, en juillet, prévoir la construction d’une route goudronnée, avec réserves pour piétons et terre-plein. Il compte également aménager la plage publique de nouveaux kiosques et de toilettes publiques ainsi qu’un parking « en retrait de la mer ».

En ce qui concerne une pollution éventuelle du parc marin, qui est déjà fortement dégradée selon les contestataires, le groupe Currimjee explique que « les eaux usées seront traitées et réutilisées pour l’irrigation ». Cela grâce à la mise en place d’une station d’épuration « qui prévoit aussi la déphosphatation ». La station traitera également les eaux usées « des infrastructures publiques du site de La Cambuse » qui, pour l’heure, « sont déversées dans le parc marin, tout comme celles de la National Coast Guard ». De plus, l’hôtel assurait en juillet qu’elle ne prévoit pas de proposer d’« activités nautiques motorisées dans le lagon ». (Voir ici le plan du projet de développement)

Après l’audience d’hier, qu’ils considèrent non concluante, les contestataires ont écrit à la présidente de la République Ameenah Gurib-Fakim, demandant à la rencontrer pour discuter de ce dossier.

Photo (Clyde Koa Wing) : Image sous-marine prise à Blue Bay en mars 2013.