Ce Budget présenté était tant attendu mais, encore une fois, l’enfant est loin d’être au centre des priorités à Maurice !

On en parle, on en reparle. Peut-être un jour le message sera-t-il entendu ?

Peut-être un jour la population mauricienne mesurera-t-elle l’importance capitale d’investir dans un enfant en construction ?

La politique et l’économie ont été au centre des préoccupations de beaucoup suite à la présentation du Budget. Elles le seront dans les jours et semaines à venir.

Certes, ces axes, incluant celui de la pauvreté, sont très importants.

Mais quid de l’enfant ? De ce quart de la population mauricienne à qui on accorde si peu d’attention que ce soit dans le budget, dans les analyses de ce dernier ou en ce qui concerne leur protection ?

N’explorons ici que deux axes. Et de manière non exhaustive :

  • Health care

Aucune mention de la prise en charge spécifique des enfants utilisateurs de drogues. Or, selon le Integrated Behavioural and Biological Surveillance Survey de 2011, 76,5% des consommateurs de drogue ont commencé avant l’âge de 12 ans.

Selon une recherche de l’ONG SAFIRE de 2012, 30,2% de 271 enfants en situation de rue interrogés, admettent consommer de la drogue.

Et selon une étude du National Aids Secretariat IBBS en 2013, concernant les non-Injecting Drug Practices, 60% des personnes interrogées disent avoir utilisé les non-injecting drugs entre 15 à 19 ans.

La situation des jeunes utilisateurs de drogue pose question vu entre autres, les ravages des drogues synthétiques et l’importance non suffisamment considérée de soigner les addictions. Aucune structure existante pour cette prise en charge à Maurice. Depuis 2015, de nombreux experts ainsi que les Nations Unies interpellent Maurice à ce sujet. Voir les points 27 et 56 des Concluding Observations du Comité des Droits de l’enfant.

  • Protection de l’enfant

Cet axe a été soulevé à plusieurs reprises.

– Cette année dans le budget, 9 staff en plus au CDU, pas positif certes mais aucune mention de la formation. Or, augmenter le staff sans affiner les compétences notamment dans l’état actuel de la situation, est désolant. La formation permettrait d’éviter peut être certaines menaces d’officiers d’envoyer les enfants au shelter ou Rehabilitation Youth Centre s’ils les voient à la gare ou s’ils ne rentrent pas chez eux directement après l’école, ces mêmes enfants qui subissent des violences dans leur milieu familial et essaient de fuir cette ambiance avec des amis ou membres de la famille proche.

Cela éviterait aussi peut-être certains propos aux enfants tels que : ‘to paran gagn drwa bat twa’.

Cela éviterait aussi peut être le manque d’écoute, d’empathie et d’accueil. Ou ce jugement que sentent les enfants qui s’adressent à ces instances de protection. Augmenter les effectifs mais sans investir la qualité des services est inefficace.

– Un rapport de D. Vellien en novembre 2015 a été publié sur la situation dans les shelters. Il est très alarmant et aucune provision pour améliorer la situation n’est mentionnée dans le nouveau budget. Ne protégeant donc pas les enfants qui y résident : séparés de leurs familles, victimes d’importants traumatismes, etc.

– Aucune augmentation de staff au Bureau de l’Ombudsperson for Children ayant 4 officiers, point 20 recommandé dans les Concluding Observations.

– La recommendation 15 des concluding observations mentionne : the Committee remains concerned at the inadequate allocation of resources for education, health and child protection issues, in particular measures to combat child abuse, and the absence of a child rights perspective in preparing budgets and monitoring the spending of resources for children.” Ce Budget ne semble pas aller dans le sens de ces recommandations. Notamment en ce qui concerne ces axes de santé et de protection.

– Des jugements pour violences sexuelles commises sur des mineurs illustrent cette absence de considération des enfants victimes.

Un pédocriminel en liberté est un danger pour tous les enfants des environs.

La recherche montre que ce qui est efficace contre les risques de récidive des auteurs de violence sexuelle consistent en 3 axes simultanés : l’emprisonnement ET le suivi thérapeutique en prison et après la prison en obligation de soins ET la castration chimique avec le consentement de l’agresseur qui doit reconnaître que rechercher du plaisir sexuel avec un enfant est un dysfonctionnement !

Déjà, 9 mois de prison sont loin de suffire. Avec en plus des risques de les commuer en travaux communautaires ! Mettant ainsi en grand danger les enfants… cela dépasse l’entendement.

Et encore une fois, l’enfant à Maurice n’est pas au centre des priorités.

Alors à vous, à nous citoyens mauriciens, parlementaires, parents, éducateurs, mobilisons-nous TOUS pour investir dans les enfants à Maurice !

Pour les prendre en considération, les respecter, les choyer et les protéger.

Ce choix nous revient.