Nous sommes en pleine campagne électorale.

L’émoi est palpable à Maurice. Les émotions à fleur de peau. L’intensité et la quantité d’invectives lues et entendues autour de la politique l’illustrent !

Réseaux sociaux et médias accordent une importance considérable à cette campagne.

A juste titre car la population mauricienne choisira les individus ou équipes qu’elle considérera compétents (il faut l’espérer) pour diriger le pays.

Utile aussi pour informer la population des programmes, axes de travail et désirs de changements des individus qui s’engagent pour faire avancer le pays.

Deux axes posent cependant question : la manière de médiatiser les informations liées à la politique et la priorité donnée à la campagne.

Le premier axe concerne l’objectif de communication de certains politiques. Et l’objectif  de transmission des messages dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Trop nombreux sont-ils se centrant principalement sur la foule présente aux rassemblements politiques. Sur les propos des politiques, le plus souvent retranscrits en les sortant de leur contexte ; ce qui n’a plus le même sens.  Ou sur les consignes de vote démagogiques, dans le non-respect des communautés/ religions différentes. Ou encore sur des insultes traitant des êtres humains de « cancrelats », de « couillon ».

Dans ces situations, quels sont les objectifs de communication: informer ? Instruire ? Convaincre ? Séduire?

Les objectifs, pour trop d’entre eux, se rapprochent de la provocation, humiliation, dénigrement, critique non constructive, manipulation et l’interdiction d’une vraie réflexion. Ce qui est triste.

La priorité de certains serait-elle donc le sensationnalisme ou la provocation pour de meilleures ventes ? Ou pour plus de popularité ?

Ce n’est pas parce que certains individus ayant un statut social important, ou des médias existant depuis des décennies tiennent des propos empreints de violence, de non-justesse car hors contexte, de non-respect qu’il faut les valider et y adhérer.

Il y a énormément de choses à revoir dans le système éducatif mauricien. Notamment d’apprendre aux enfants, qui deviendront adultes à remettre en question les choses, les avis des uns et des autres, certains principes éducatifs reçus. Ce n’est pas parce qu’un fonctionnement est en place depuis des décennies qu’il est forcément bon. Il importe de le repenser.

Quelle est notre responsabilité de citoyen que de véhiculer des messages détournés, communaux, dénigrants ?

Ne serait-il pas prioritaire de mieux véhiculer les programmes des équipes ? Les idées concrètes de changement des individus qui s’engagent ? Même si ils sont moins croustillants ou moins vendeurs ?

Ne serait-il pas plus important de mettre l’accent sur des propositions concrètes et réalisables au lieu de matchs de boxe entre les équipes ? Et des médisances ou attaques personnelles ?

Le 2e axe très important est le poids accordé à cette campagne. Comme s’il n’y avait rien d’autre d’important autour de nous. Comme si la campagne électorale était au centre de notre vie. Le nombre de commentaires et discussions autour du nombre de personnes présentes dans les rassemblements, dans les bus les y menant… Quelle perte de temps et d’énergie.

Visualisons une roue de charrette, pour reprendre le concept d’un psychothérapeute mauricien (Lenoir, J-M. 1998). Notre MOI est au centre. Du moins, il devrait l’être.

Les rayons représentent divers intérêts de notre vie : famille, finances, vie sociale, etc.

roue

Si notre Moi est centré sur l’un ou l’autre des rayons, notre roue perd son équilibre.

La roue qui représente notre personne, ne peut alors pas rouler correctement.

Si nous investissons un seul domaine d’intérêt, notre moi est décentré à l’extrémité du rayon. Nous pouvons alors facilement perdre pied. N’ayant plus d’équilibre.

Certes, la campagne électorale prend de la place.

Et c’est important car l’avenir de notre pays dépendra aussi des personnes qui le gouvernent.

Mais de grâce, des milliers de personnes autour de nous n’ont pas à manger et en meurent encore. L’environnement physique est fragile. Des milliers d’enfants, d’êtres humains sont victimes de violence chaque jour. Certains pays vivent en guerre.

Accordons de l’importance à la politique. Mais aux autres domaines aussi !