Les résultats sont tombés vers 04h40 (heure locale) : les Britanniques ont voté pour quitter l’Union européenne. Une issue que ne prédisaient pas les sondages et qui soulèvent de nombreuses questions pour l’avenir politique et économique de ce pays, mais aussi pour celui de son Premier ministre.

Un résultat qui n’est pas encore définitif, certains centres de dépouillement n’ayant pas terminé le comptage. Mais le nombre de voix restantes ne devrait pas changer la donne.

La livre est à son taux le plus bas face au dollar depuis 1985, et la perspective d’un « vendredi noir » se profile sur les marchés mondiaux.

Ce « Leave » tonitruant lancé par la majorité des Britanniques – 51,9% s’est prononcé pour – résonne comme un cinglant désaveu pour David Cameron et pour le projet européen. Le référendum qui s’est tenu hier n’est certes pas contraignant. Mais le chef du gouvernement britannique s’est engagé, durant la campagne, à respecter le vœu exprimé par la majorité. L’ignorer n’est donc pas vraiment une option.

Le leader de l’opposition Jeremy Corbyn demande le recours immédiat à l’article 50 du Traité de Lisbonne pour initier formellement le Brexit.

Nigel Farage, leader du UK Independence Party (UKIP) qui milite pour sortir de l’Europe, crie pour sa part victoire. Il estime même que le souhait exprimé par les urnes, ce 23 juin, est « une nouvelle aube [qui] se lève sur le Royaume-Uni ».

Alors que tous attendent la déclaration du Premier ministre (PM), qui ne s’est pas encore exprimé, Ed Milliband, ancien leader du Labour Party, souligne que : « C’est une nation divisée et le PM aura une grande responsabilité : celle de montrer qu’il comprend les arguments de ceux en faveur du ‘Leave’. » L’immigration a été l’un des principaux thèmes de la campagne, relève-t-il. Il y a aussi, poursuit Milliband, d’autres inquiétudes et le désenchantement exprimé par le peuple vis-à-vis de la politique.

Avec les résultats de ce référendum, la question de l’indépendance de l’Ecosse, qui a voté clairement « Remain », revient sur le tapis.

L’avenir de David Cameron est aussi dans la balance. La pression monte pour qu’il soumette sa démission. Restera-t-il en poste jusqu’en 2019, ou gardera-t-il la maison en attendant de savoir qui sera son successeur au parti et au gouvernement, suite au vote d’un nouveau leader du Conservative Party, dans quelques mois ?

David Cameron peut choisir d’activer l’article 50 du Traité de Lisbonne pour notifier le Conseil européen de sa décision de quitter l’Europe, et ainsi initier un processus de négociations sur deux ans. Au bout desquels la Grande-Bretagne devra arriver à un accord soutenu par la majorité des Etats membres de l’Union européenne.

Si au bout de cette période, il n’y a aucun accord ni d’extension du délai, la Grande-Bretagne sera soumise aux règlements de l’Organisation mondiale du commerce.

Outre les répercussions économiques, ce référendum pourrait avoir un effet domino sur les autres Etats membres de l’Europe. Déjà, à l’annonce des résultats en Grande-Bretagne, Marine Le Pen en France et Geert Wilders en Hollande demandent le droit pour leurs peuples de choisir.

Photo (via The Independent) : La pression monte pour que David Cameron démissionne en tant que Premier ministre.

Sources : BBC, The Guardian, The Independent