Dans quelques jours, on entendra de beaux discours : la femme ceci, la femme cela. En vrai, la femme elle vous emmerde car c’est un imbroglio de problèmes auxquels vous devez faire face. Pourtant, ce n’est pas compliqué, chaque citoyen est un être autonome. Ce qui implique que chacun a le droit de disposer de son corps et de son temps comme il lui plaît sans violer le droit des autres. Dans une société où la virilité équivaut au dictat d’une violence certaine, ce qui est juste n’est pas toujours évident. Alors parlons de la femme, cet infâme élément dans l’équation phallocrate.

Exit la sexualisation

Dans son livre XY, de l’identité masculine, Elisabeth Badinter parlait de ce mâle en mal d’assertivité qui exerce son pouvoir à travers plusieurs formes de violence, ce mâle n’est pas forcément un homme. C’est un être qui s’arroge les droits que la société lui concède, le droit de dicter sa manière de penser, de faire. Ce dictateur, on le côtoie tous les jours, c’est la personne qui vous traite de tapette dès que vous exigez le respect, c’est le designer qui décide que les shorts de sport pour femmes n’ont pas besoin de poches comme les pantalons de petites filles, le religieux qui vous rappelle que vous péchez, l’homme qui vous fait des gestes obscènes de sa voiture, c’est la chef qui vous somme d’arrêter de faire la femme quand vous avez des objections.

Cette dictature-là n’a pas sa place dans une démocratie. Tout le monde a le droit de porter ce qui lui plaît ; d’exiger de beaux sous-vêtements, de faire ou non des bébés, de cuisiner, d’acheter des sextoys, de se maquiller, de faire de la boxe, de s’épiler, d’avoir droit à un IVG…

Qu’on soit mâle, femelle ou hermaphrodite biologiquement, chacun doit avoir droit à la même base d’éducation pour commencer.

Alors pourquoi le design est-il cantonné aux écoles publiques de garçons et les home economics à celles des filles ? D’ailleurs, où disparaissent ces jeunes filles brillantes que les statistiques nous sortent année après année ?

Certes, les femmes ont besoin d’être poussées comme une bonne partie de la communauté LGBT vers plus d’assertivité, mais faut-il encore arrêter de les voir comme des femmes ou des gays !

Le dire tout haut

Pourquoi y a-t-il des écarts de salaires pour le même travail entre collègues avec le même temps de service ayant des diplômes équivalents ?

Prenons la fonction publique réputée plus égalitaire, le secteur de la santé comprend une majorité de femmes. Pourtant, plus on monte dans la hiérarchie, plus les femmes disparaissent. L’autonomie des citoyens, peu importe ce qu’ils ont à l’entrejambe, est centrale si on veut une société plus égalitaire. Si la Constitution s’assure qu’on ait les mêmes opportunités et les mêmes droits, le privé suivra. Ce qui signifie que mon cousin de 13 ans pourra sans complexe faire un gâteau à la maison, qu’aucune femme ne portera la responsabilité de la contraception dans les couples hétérosexuels et qu’en l’absence d’idée pour un mariage, on pourra offrir un sextoy !