Alors que la National Commercial Bank, qui prend la place de la Bramer Bank, a obtenu sa licence d’opération et débutera ses activités ce lundi 13 avril, la British American Investment réagit. Elle prend à contrepied certaines déclarations des autorités quant à la révocation de la licence de la Bramer Bank et la mise sous régime conservatoire de la BAI. Tout en assurant que la priorité du groupe fondé par Dawood Rawat est « de se battre avant tout pour la protection de ses 355 000 clients et 8 000 emplois directs et indirects ».

La direction du groupe donne sa version des faits dans un communiqué de trois pages qu’ION News s’est procuré avant sa circulation officielle. Dans ce document, le groupe déplore que les actions entreprises il y a une semaine, soit la révocation de la licence de la Bramer Bank et la mise sous régime conservatoire de la BAI, viennent « balay[er], d’un revers de main injuste et aveugle », la « contribution de 45 années du groupe dans l’économie mauricienne (…), ravageant au passage toute la valeur des entreprises ».

Et de souligner que le groupe s’est « toujours scrupuleusement » conformé, « dans la plus grande transparence », aux lois et aux directives des « régulateurs de l’Etat ». Avec des audits menés « selon les normes internationales par des sociétés indépendantes d’audit et d’actuaire de renom international ». Et des évaluations régulières de « tous les actifs » du groupe par des « organismes externes » étrangers.

Si la BAI confirme que des « retraits massifs (…) ont sévèrement affecté les réserves » de la Bramer Bank, la direction du groupe indique toutefois que ceux-ci se sont effectués « sous une inspiration conjuguée » et comprennent « des retraits prématurés des institutions parapubliques ». Allant ainsi à l’encontre de la version des faits de Ramesh Basant Roi, gouverneur de la Banque de Maurice. Celui-ci avait en effet affirmé, ce vendredi, que l’Etat y avait maintenu d’importants dépôts.

La direction de BA Investment va plus loin en expliquant que des institutions publiques ont aussi procédé à « une vente massive des actions de la Bramer Bank sur la Bourse de Maurice ». Des rumeurs en « tous genres » se sont alors propagées de manière persistante « en l’absence d’un communiqué de la Banque de Maurice ». Et en dépit d’un communiqué de la Bramer émis le 21 février.

La BAI, est-il précisé, a proposé, le 31 mars, d’injecter des capitaux de l’ordre de Rs 350 millions dans la Bramer, conformément aux injonctions de la BoM. Ce à quoi la banque centrale a agréé, dans « une correspondance en date du 2 avril ». La révocation du permis d’opérer de la Bramer Bank intervient pourtant tard dans la soirée du 2 au 3 avril.

BAI reaction

Revenant sur le Super Cash Back Gold, la BAI précise que ce produit financier « n’est qu’une évolution du plan d’assurance Single Premium Endowment, qui existe depuis plus de 20 ans et dûment réglementé par la FSC ». Et de noter que des produits « similaires » sont proposés par d’autres assureurs du pays.

Le personnel de la BAI « collabore pleinement avec les Conservators », confirme la direction du groupe. Celui-ci prévient toutefois que face aux « propos non fondés et diffamatoires » qui circulent « depuis une semaine », des « actions futures » sont envisagées.