La relation «très spéciale» que partagent l’Inde et Maurice est ancrée dans leurs liens «ancestraux» et historiques, qui perdurent à ce jour. Pour Ram Nath Kovind, c’est un «privilège» pour son pays d’avoir aidé au développement de notre nation et de continuer à le faire. «Dans un esprit ‘lame dan lame’», la Grande péninsule continuera d’être aux côtés de notre nation, a assuré le président indien, ce 11 mars. Et souhaite collaborer encore «plus étroitement».

Invité d’honneur aux célébrations du 12-Mars, Ram Nath Kovind a dit son émotion d’être présent pour le jubilé d’or de l’indépendance de Maurice. Des sentiments similaires à ceux qu’il ressent pour son pays. D’autant que la date du 12 mars parce que cette date marque celle du début de la marche du sel du Mahatma Gandhi, en 1930, un acte de désobéissance civile qui s’inscrit dans la lutte pour l’indépendance. Le président indien juge d’ailleurs que la visite de Gandhi à Maurice, en 1901, a poussé celui-ci à «réfléchir plus profondément» au sort de ses compatriotes.

«L’Inde a toujours été de votre côté», a fait ressortir Ram Nath Kovind lors du banquet donné en son honneur au centre Swami Vivekananda, à Pailles. La visite de Pravind Jugnauth en Inde, en mai 2017, est un jalon dans les relations entre nos deux pays, a assuré le président de la plus grande démocratie au monde.

Il n’a pas manqué de souligner les collaborations fructueuses des deux pays sur divers plans : l’inscription du geet gawai et du yoga au patrimoine immatériel de l’Unesco en 2016 ; les divers projets qui bénéficient du soutien actif de l’Inde, à l’instar du Metro Express ou des travaux d’infrastructures sur Agalega ; le tremplin pour aider les entreprises indiennes à pénétrer le continent africain ; ou encore la coopération pour assurer la sécurité et la paix dans la zone océan Indien.

La visite de Narendra Modi, il y a deux ans, a consolidé les relations entre nos deux pays, a déclaré pour sa part Pravind Jugnauth. L’Inde a beaucoup contribué au développement de Maurice notamment pour ce qui est des infrastructures, a déclaré le Premier ministre. Il a profité de son allocution et de la présence du corps diplomatique pour remercier les divers pays amis pour leur soutien dans divers domaines au fil des 50 ans de notre nation. Un soutien sans lequel «nous n’en serions pas là».

Reprenant le symbolisme de la date du 12 mars, Jugnauth estime que Maurice sera toujours engagée dans cette marche du sel «tant que sa décolonisation», soit la restitution de l’archipel des Chagos, «ne sera pas complète».

Maurice s’embarque aujourd’hui dans une nouvelle voie de développement, a indiqué le chef du gouvernement : «Il nous faut nous réinventer si nous voulons être un pays à revenu élevé.» En adoptant et en s’adaptant rapidement aux nouvelles technologies. En œuvrant «de manière cohérente» à travers des institutions comme l’Economic Development Board. En trouvant des compromis sur le sentier de la modernisation. Et en acceptant de faire des sacrifices en vue d’une transformation en profondeur et durable.

La réussite économique de Maurice n’est pas le résultat d’un miracle mais d’un travail acharné, de la discipline et de la détermination, a encore dit Pravind Jugnauth, en citant l’ex-Premier ministre et actuel ministre mentor sir Anerood Jugnauth. Ce sont ces mêmes ingrédients, qui caractérisent «l’esprit de la nation mauricienne», notre résilience et nos valeurs, qui permettront à Maurice d’être un exemple, selon le Premier ministre. «Nous l’avons déjà fait, note Pravind Jugnauth. Nous le ferons à nouveau.»

Photo (Facebook/Pravind Jugnauth) : Le président indien Ram Nath Kovind (en gris) à sa descente d’avion, plus tôt le dimanche 11 mars, en compagnie de la première dame Kobita Jugnauth et du Premier ministre Pravind Jugnauth (à sa dr.)