Les critiques que lui adressent les opérateurs du secteur offshore. Pourquoi l’Etat utilise les milliards de dons de l’Inde pour construire Heritage City et non pas pour améliorer le réseau d’eau. Sa relation avec Pravind Jugnauth et son avenir à ses côtés. Roshi Bhadain a répondu aux questions d’ION News lors d’un entretien réalisé à son bureau jusqu’à tard, ce mercredi 11 mai. L’interview suit en trois parties.

«L’intérêt du peuple est plus important que celui de quelques-uns dans l’offshore»

Le ministre des Services financiers ne fait pas grand cas des critiques de certains opérateurs du secteur offshore à la suite de la renégociation du traité de non-double imposition entre l’Inde et Maurice. C’est le fait de quelques entreprises qui cherchent à maintenir les avantages leur ayant permis de générer d’importants bénéfices jusqu’ici, avance-t-il.

Roshi Bhadain répond aux critiques de Rama Sithanen sur les clauses du traité qui auraient pu être négociées autrement. Contestant les analyses sur les pertes d’emploi et la lente agonie du secteur offshore, le ministre affirme même qu’au-delà de l’activité global business, c’est tout le secteur financier qui bénéficiera du nouveau traité.

Heritage City crée son propre financement sans alourdir la dette publique, soutient Bhadain

Aux détracteurs qui lui reprochent de financer un « mirage » au lieu de s’atteler à des projets plus urgents, Roshi Bhadain répond : avec quel argent ? Maurice est dans le rouge et ne peut plus emprunter pour soutenir les projets publics. Or, le montage pour Heritage City, qui crée son propre financement avec l’apport de « pays amis » comme l’Inde, permet dans le même temps de trouver booster la croissance sans pour autant augmenter la dette publique. C’est ce qu’explique le ministre des Services financiers.

«Si Pravind Jugnauth n’a pas besoin de moi, par amitié pour lui, je partirai…»

Roshi Bhadain redit une nouvelle fois sa profonde admiration pour le Premier ministre. S’il ne conteste pas les dissensions au sein du gouvernement, il dit toutefois bénéficier du soutien de certains de ses collègues ministres. Si c’est de l’admiration qu’il ressent pour le père, Bhadain clame son « amitié » pour le fils. Affirmant que Pravind Jugnauth, contrairement à Navin Ramgoolam, ne placera pas « l’intérêt politique » avant l’amitié.

Lucide, Bhadain admet toutefois qu’il se pliera à la volonté de son « ami » si celui-ci effectue son grand retour au Conseil des ministres en ayant gagné son procès en appel. Si Pravind Jugnauth veut qu’il reste à ses côtés, il demeurera au gouvernement. Si le leader du MSM veut se séparer de lui, « par amitié », Bhadain dit être prêt à partir.