Depuis dix ans, Maurice arrive en tête de l’indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG). L’édition 2016, consacrée à une analyse de la gouvernance sur le continent durant la dernière décennie, souligne ce fait.

La fondation évalue, depuis 2007, les 54 pays africains en fonction de 93 critères répartis en quatre catégories : sécurité et Etat de droit, participation et droits humains, développement économique durable et développement humain.

Si la place de bon élève de Maurice est mise avant en avant, le rapport relève également la dégradation notée, pour le pays, en 2015 dans la catégorie « Sécurité et Etat de droit » – son score le plus bas depuis la mise en place du classement – mais aussi depuis 2006 (0,3 point de moins). Cette catégorie est d’ailleurs la « seule de l’Indice », souligne un communiqué de la fondation, à afficher « une tendance négative au cours de la dernière décennie, avec une baisse de -2,8 points en dix ans ». (Le texte suit plus bas)

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Maurice affiche toutefois une progression de 5 points dans la sous-catégorie « Sécurité nationale » pour la période 2006-2015. Et un recul de 5,9 points au chapitre de l’Accountability.

Pour ce qui est de la sous-catégorie « Etat de droit », le pays était 1er en 2015 et a connu une amélioration de 1,8 point durant la dernière décennie. L’IIAG 2016 note, par ailleurs, que Maurice fait partie des trois nations aux bonnes performances au chapitre de l’« Indépendance judiciaire », à la fois de par son classement (1er) et sa progression.

Maurice fait, certes, bonne figure dans la catégorie Participation et droits humains (+0,8 point sur la décennie). Gros point noir, cependant, pour ce qui est de la liberté d’association et de réunion, où un recul de 21,5 points est noté de 2006 à 2015. Deux tiers des pays du continent, soit 67% de la population, connaissent une détérioration depuis dix ans à l’item liberté d’expression. (Le texte suit plus bas)

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Les auteurs de l’IIAG 2016 notent également avec inquiétude que Maurice fait partie des six pays les plus performants ayant connu une régression durant la décennie passée dans la sous-catégorie Droits (0,3 point pour le pays).

Les choses s’améliorent quand on aborde le Développement économique durable. Maurice affichant 9,3 points de plus au compteur au bout de dix ans grâce notamment, comme sur le reste du continent, à sa bonne note au niveau des Infrastructures (14,3 points de plus). (Le texte suit plus bas)

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L’indice inclut, pour la première fois, la « perception des citoyens africains sur la gouvernance dans leur propre pays ». Cela a été possible grâce à des enquêtes d’opinions menées par le cabinet Afrobaromètre.

Ainsi, si le pays affiche un progrès de 3,4 points en termes de fourniture d’électricité, la perception du public mauricien sur la fiabilité de celle-ci est négative. (Le texte suit plus bas)

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Pour ce qui est de la gestion publique, en particulier la composante « Diversification », en revanche, Maurice affiche un bond de 13,2 points de 2006 à 2015. Il en va de même à l’item Capacité statistique (+33,3 points).

La perception des Mauriciens à l’indicateur « Création d’emplois », dans la sous-catégorie « Environnement des affaires », affiche une tendance négative durant la décennie passée. Cela alors que le taux du chômage a régressé sur la même période. (Le texte suit plus bas)

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Enfin, Maurice affiche un recul de 0,8 point de 2006 à 2015 dans la catégorie Développement humain. Un score boosté notamment par les améliorations notées dans le domaine de l’éducation (+6,3 points sur la décennie). En contre-point, la santé baisse de 8,1 points sur la même période. (Le texte suit plus bas)

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Le progrès en termes de gouvernance globale en Afrique durant les dix dernières années, relève Mo Ibrahim, « reflète une tendance positive dans une majorité de pays et pour plus des deux tiers des citoyens du continent ».

Pour que cela s’inscrive dans la durée, soutient le président de la fondation à son nom, il faut « un engagement et des efforts permanents ».

Ainsi, le « plus grand défi » du continent est, dit-il, « la détérioration observée en matière de sécurité et d’état de droit ». Comment y faire face ? « Une gouvernance solide et un leadership avisé sont essentiels », estime Mo Ibrahim.

Lire le rapport IIAG 2016 en intégralité ici.

Photo : L’IIAG 2016 a été rendu public ce 3 octobre, avec un panel en direct mené par Mo Ibrahim, président de la fondation éponyme à l’origine de ce classement. Le panel a été modéré par Ngaire Woods, ex-conseillère au board du Fonds monétaire international et membre du board de la fondation Mo Ibrahim. [Voir vidéo ci-dessous]