Le manque de propreté et d’entretien est un problème général au niveau des hôpitaux publics. L’aveu est d’Anwar Husnoo. Le ministre de la Santé affirme travailler activement pour améliorer le niveau d’hygiène. Une réorganisation des services est en cours afin d’y remédier, a poursuivi Husnoo.

Celui-ci répondait à la Private Notice Question de ce mardi 13 novembre. Axée sur le service de dialyse dans les établissements de soins publics, l’interpellation parlementaire a tôt fait de déborder sur d’autres sujets.

Xavier Duval a produit des photos démontrant l’état déplorable des toilettes de l’hôpital national Sir Seewoosagur Ramgoolam, où il s’est rendu ce matin. Cela peut provoquer des infections chez les patients, a fait remarquer le leader de l’opposition.

«Je sais qu’il y a un problème de propreté dans les hôpitaux», a reconnu Anwar Husnoo. Qui a cependant pris la mouche lorsque le leader du PMSD l’a piqué à plusieurs reprises sur le budget à disposition. Le ministre devrait pouvoir allouer «quelques centaines de roupies», a ironisé Duval, pour acheter du papier toilette ou encore remplacer les climatiseurs. En exigeant que Husnoo s’excuse auprès des patients. «Quand vous étiez ministre des Finances, avez-vous donné de l’argent pour du papier toilette ?» a rétorqué Husnoo, pince-sans-rire. Et de souligner que les fonds sont là, et qu’il revient au personnel de l’utiliser.

Duval a plaidé pour un remplacement des appareils de dialyse, dont les pannes sont récurrentes et plusieurs sont en service depuis 18 ans, dit-il. C’est en cours, a répondu Husnoo. Les 60 achetées cette année seront installées l’année prochaine, dont 20 à l’hôpital Jeetoo, tandis que les procédures d’acquisition pour 75 autres ont été lancées. En outre, Maurice recevra 20 appareils d’une organisation indienne. «

Maurice compte 1 363 patients sous dialyse, dont 980 dans le public. Des chiffres en hausse. Près de 90% d’entre eux sont véhiculés par des ambulances de la Santé. Ces véhicules ne pouvant en transporter qu’un à la fois, parfois l’attente est longue, admet le ministre. D’où les onze ambulances acquises récemment et qui devraient être livrées d’ici fin 2018.

La liste d’attente pour être opéré de fistule est parfois de quatre mois, a encore relevé Duval. Certes, a concédé Husnoo, mais c’est parce qu’il n’y a qu’un chirurgien vasculaire. Le nombre de néphrologues, cinq actuellement, n’est pas non plus suffisant. Des discussions sont en cours avec Aix-Marseille Université pour former des spécialistes des maladies des reins.

Qui des deux médecins qui devaient se rendre durant un an dans cette ville française afin de spécialiser en transplantation d’organes ? Ils n’ont pas encore quitté le pays faute d’arrangements. «Cela dépend de l’université de Marseille, cela ne dépend pas que de nous», a dit Husnoo.

Duval revient à la charge : la loi encadrant cette pratique a été votée dans l’urgence mais n’a pas encore été promulguée. Il ne veut pas se hâter, comme en 2006, et se retrouver avec la même situation : soit de l’inaction pendant des années en attendant que l’unité de transplantation soit prête.

L’hôpital SSRN n’est pas pourvu d’un «fire certificate», a encore relevé le leader du PMSD. «Nous travaillons sur un plan directeur» pour cet établissement, qui a 50 ans, et l’hôpital Victoria, qui opère depuis 70 ans, a indiqué Anwar Husnoo. Qu’a fait Duval quand lui était au gouvernement sous le précédent régime ? a-t-il encore ajouté. «Et vous nous blâmez de ne pas faire les choses du jour au lendemain.»