Ashvin vit avec le rein d’un autre. Il a subi une greffe il y a une dizaine d’années. Il s’est habitué depuis aux soins que cela nécessite. Il sait que la prise de médicament antirejet est essentielle pour le maintenir en bonne santé.

Ashvin est sous CellCept, médicament prescrit aux patients ayant subi une transplantation rénale, cardiaque ou hépatique. Il est délivré strictement sur ordonnance. La dernière en date arrivant presque à échéance, le trentenaire se rend donc, en ce lundi 14 mars, à l’hôpital national Sir Seewoosagur Ramgoolam pour faire renouveler sa prescription.

Le CellCept n’étant pas en stock ce jour-là, le pharmacien en poste lui demande de revenir le lendemain. Le même scénario se répète les deux jours suivants. On finit par lui faire comprendre que l’hôpital est à court de ce traitement depuis quelques jours. Et que celui-ci n’est pas disponible sur le marché. Le trentenaire commence à s’inquiéter.

Du côté du ministère de la Santé, on confirme que le CellCept est en rupture de stock depuis la deuxième semaine de mars. Notre interlocuteur rassure : des mesures ont été prises pour pallier le manque de médicaments dans les hôpitaux publics. Lesquelles ?

Dans ce genre de cas, explique cet officiel, l’hôpital se fournit généralement auprès de pharmacies dans sa région. Il peut ainsi continuer à assurer les traitements des patients jusqu’à ce que le stock commandé entre au pays.

Cette pratique est en cours depuis plusieurs années, confirme Alain Sheratan de la Pharmaceutical Association of Mauritius. Une collaboration qui a à cœur les intérêts du patient, dit-il. Le pharmacien dit avoir lui-même honoré, par le passé, des prescriptions provenant de l’hôpital, le plus souvent pour des malades qui y étaient admis.

«Les produits antirejet, fait cependant ressortir Alain Sheratan, sont très peu prescrits par les médecins communautaires, ils ne seront pas forcément disponibles dans toutes les pharmacies». Le stock disponible auprès de ces officines ne sera pas non plus très important, poursuit-il.

Ce que confirme HealthActiv, du groupe IBL, la seule compagnie pharmaceutique à importer le CellCept. «Très peu de patients dans le privé suivent ce traitement, le stock disponible sur le marché est donc minimal», précise Ajay Gaya. Le Senior Manager – Wholesale Division de HealthActiv indique avoir livré «quelques boîtes au ministère de la Santé dernièrement».

HealthActiv espère recevoir dans les plus brefs délais la commande de CellCept passée au nom du ministère de la Santé. Dès réception du Letter of Award le 21 mars, explique Ajay Gaya, la machinerie a été mise en marche et une requête spéciale faite auprès du fournisseur pour être livré dans les plus brefs délais.

Le ministère assure que la situation retournera à la normale d’ici fin mars. Un délai que HealthActiv pense pouvoir respecter.

Ashvin ? Un officier du ministère de la Santé a fini par le contacter, le 18 mars, pour l’informer que l’hôpital lui fournira du CellCept pour environ une semaine. En attendant que l’établissement réceptionne le nouveau stock.