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Le gouvernement mauricien compte honorer la mémoire du seggaeman Joseph Réginald Topize, dit Kaya. Cela en marge du 20anniversaire de sa mort en cellule policière.

[blocktext align=”right”]Les événements en mémoire de Kaya
• Le Blue Penny Museum consacrera une exposition à Kaya et au rastafarisme.
Bernard Fok, percussionniste et compagnon de la première de Kaya, organise un concert en mémoire de son camarade qu’il avait accompagné au sein du groupe Racinetatane.
• Le festival Seggae Zwe revient le premier samedi de juin. Le stade Kaya résonnera au son de cette équipe toute la nuit.

«10 gram pou Kaya» : Une campagne sur six mois pour faire vivre l’héritage musical de Kaya. C’est ce que propose ce projet de Jorez Box. Une collecte nationale de pièces de Rs 20 (qui pèse dix grammes chacune») débutera le 21 février. Elle financera la réalisation d’un clip vidéo rassemblant 20 jeunes chanteurs locaux dédié au titre ‘Sant lamour’. Tout comme celle d’une fresque géante sur un building de Port-Louis et la création d’un monument qui sera dévoilée le 10 août.
Percy Yip Tong lancera un CD du premier enregistrement de seggae et de Kaya, «Seggae Nou Lamizik», qui n’est paru que sur cassette audio. La sortie est prévue en décembre, pour marquer les 30 ans du seggae. [/blocktext]

Peu de détails filtrent pour l’heure. Hormis le fait qu’un comité ministériel sera mis pied pour discuter notamment des activités qui seront organisées sans doute en février, autour de la date de la mort du musicien et chanteur, indique une source officielle.

Kaya est décédé le 21 février 1999 en cellule policière. Détenu à Alcatraz, aux Casernes centrales, il avait été arrêté le 18 pour avoir fumé un joint lors d’un meeting politique.

L’annonce de l’hommage national émane du Conseil des ministres de ce vendredi 11 janvier a surpris dans le milieu musical. Mais aussi au domicile de la veuve de roi du seggae, qui indique qu’elle n’en a pas été informée au préalable. «Je ne suis pas du tout au courant», a déclaré Véronique Topize lorsque nous l’avons eue au téléphone, hier soir. Précisant que personne ne l’avait contactée à ce propos.

«Zot anvi fer kiksoz pou Kaya, bien bon. Kaya ti sant pou dimounn», dit celle qui l’a épousé en 1990. Véronique Topize préfère cependant attendre des informations supplémentaires avant de se prononcer.

Il n’empêche que la veuve de Kaya a une foule de questions : «Ki pe fer? Kot pe fer sa? Kouma pe fer sa? Ar ki pe fer sa? Dans quel contexte ? Dans quel but ?» Des interrogations que partage l’artiste et animateur Bruno Raya. «Que veut-on commémorer ? se demande-t-il. La mort de Kaya ou la vie et l’œuvre de l’artiste, ce qu’il a laissé en héritage ?» Il faut des honneurs «sincères, ‘pa anler !’ pour ne pas dire hypocrites», balance l’initiateur du festival Seggae Zwe.

La contribution de Kaya, l’enfant de Roche-Bois, à la musique mauricienne est «énorme», souligne Bruno Raya. L’hommage doit être à la hauteur de celui qui est à l’origine du seggae et qui, durant sa «courte carrière» d’une dizaine d’années, a marqué d’une pierre blanche le paysage musical local.

«Pourquoi ne pas décréter le 10 août, date de sa naissance, Journée du seggae ?» suggère Bruno Raya. Le leader du groupe OSB imagine déjà un calendrier d’activités rythmant toute l’année 2019. En espérant que le gouvernement ne prévoit pas seulement de faire «un concert, ‘sant Kaya, zwe Kaya, apre sakenn rant kot zot’». Ni de cantonner ces activités en sa mémoire aux 20 ans de sa mort.

Bruno Raya n’en a que faire des «grands discours» et de la «récupération». Il est temps, dit-il, que des travaux de recherche soient effectués sur le seggae. Cela en vue d’une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. «Le sega et le reggae, sa mère et son père, ont eu cette reconnaissance. Pourquoi pas leur enfant ?» relève Bruno Raya.

Percy Yip Tong a, comme d’autres, été agréablement surpris en apprenant la décision du Conseil des ministres. Mais il ne manque pas de relever le «court temps de préparation» si les activités nationales sont prévues pour le mois prochain. «Le gouvernement fera un hommage à sa manière et à la dernière minute, sans grande préparation ni réflexion, comme d’habitude. Comme pour les célébrations de l’indépendance», note le directeur artistique, un brin amer.

«Il a fallu attendre 20 ans après sa mort et 30 ans après que j’ai lancé la première cassette de seggae avec Kaya pour que le gouvernement organise enfin un hommage officiel» au roi du seggae, dit Percy Yip Tong, qui ne cache pas sa joie. Encore faudrait-il savoir «comment on lui fera honneur».

S’agira-t-il d’une statue comme le prévoit aussi Stephan Rézannah (voir encadré, «10 gram pou Kaya») ? se demande le patron de Cyper Production. Lui préfère un hommage «artistique et musical».

«C’est déjà positif que le gouvernement, Rézannah avec son projet  ‘10 gram’, Bruno Raya et son concert, Berty Fok et le sien, ainsi que le Blue Penny Museum rendent hommage à Kaya», dit le producteur [voir encadré : Les événements, NdlR]. «Mais on doit à Kaya un hommage national, voire régional, qui concerne toutes les communautés», affirme Percy Yip Tong.

Or, «sakenn pe fer zot zafer zot kote», dit-il alors qu’il vogue au large de Diego Garcia sur le Peace Boat, vaisseau patronné par les Nations unies et géré par une ONG japonaise. Quelques heures avant notre conversation, l’expert culturel de la francophonie présentait Kaya et le seggae dans le cadre d’une série de conférences sur les cultures et musiques de l’océan Indien à un public asiatique.

Nous apprenons de source officielle que le ministre Eddy Boissézon donnera des détails sur l’hommage national à Kaya ce samedi 12 janvier, lors de la conférence de presse du gouvernement.

Photo via http://ilemauricekaya.free.fr

Quid de Berger Agathe ?

Un autre chanteur de seggae, arborant lui aussi des dreadlocks, est mort en février 1999. Le gouvernement compte-t-il aussi honorer la mémoire de Berger Agathe ? Celui-ci est tombé sous les billes de chevrotine tirées à bout portant par un policier à Roche-Bois le lendemain de la mort de Kaya, dépassé par les débordements qui s’ensuivirent. Le Directeur des poursuites publiques avait recommandé des mesures disciplinaires, l’année suivante, contre trois policiers présents sur les lieux ce jour-là.

Parmi les titres de Berger Agathe les plus connus : ‘Zom ki faim’. [En écoute libre sur le site Filou Moris.com. Créé et géré par Philippe Magnée, ce répertoire en ligne rassemble des musiques de Maurice et de l’océan Indien. Lire aussi Hommage : Berger Agathe, couleur seggae]

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