Une enfant de 12 ans est enceinte de jumeaux. Plusieurs médias en parlent.

Les grossesses précoces sont très fréquentes à Maurice.

Les avortements clandestins aussi. Mettant en péril la vie de plusieurs femmes, dont des mineures.

Selon l’OMS, « les complications de la grossesse et de l’accouchement sont parmi les principales causes de décès chez les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans dans de nombreux pays à revenu faible ou moyen ».

En 2010 à Maurice, 17 % des mères ont entre 15 et 19 ans.

Pour 85 % d’entre elles, c’est leur 1er enfant. Pour 12,8 %, leur second. Et pour 1,2 %, leur 3e.

103 cas de mineures enceintes sont rapportés cette même année à la Child Development Unit (CDU).

En 2011, 14,3 % des mères ont entre 15 et 19 ans. C’est leur 1er enfant pour 82,6 % d’entre elles. Le second pour 16,6 % et le 3pour 0,6 %.

99 cas de grossesse précoce sont rapportés à la CDU en 2011.

Les chiffres de la Mauritius Family Planning & Welfare Association (MFPWA) divergent de ceux de la CDU. Selon Vidya Charan, directrice de la MFPWA, le nombre de grossesses précoces augmenterait.

tableau grossesses precoces

Selon l’OMS en 2012 :

« Près de 16 millions d’adolescentes mettent au monde des enfants chaque année – la plupart dans des pays à revenu faible ou moyen. »

Avec des risques importants de « décès néonatals, 50 % plus nombreux chez les enfants de mères adolescentes que ceux de femmes âgées de 20 à 29 ans ».

Plusieurs facteurs expliquent cette situation :

  • un manque d’information sur le développement du corps et de la sexualité. De nombreux jeunes ne reçoivent pas l’information qu’une relation sexuelle peut avoir comme conséquence une grossesse. Ni de leurs parents. Ni à l’école.
  • Selon la culture et la religion, certains jeunes subissent des pressions pour rapidement se marier et avoir des enfants. Et nombre d’entre eux ne peuvent questionner ces normes sociales.
  • Dans plusieurs cas, les relations sexuelles sont effectuées sous la contrainte. Le partenaire mineur se sent sous pression, manipulé, menacé d’être quitté, d’être maltraité. Ou sous une emprise tellement grande qu’il ne peut s’opposer à l’acte sexuel.

Le sexe est une composante du corps humain. Comme d’autres organes.

Il est capital d’en parler. Il importe que les parents en parlent avec leurs enfants, dès leur plus jeune âge.

Parler du développement sexuel. Dire que la masturbation est normale à plusieurs étapes de leur développement :

  • Ils touchent leur sexe vers 6 mois lorsque leur couche est changée.
  • Vers 2-3 ans, l’enfant découvre qu’il peut se procurer du plaisir sexuel. Il importe de lui dire que c’est normal qu’il découvre son corps et ressente du plaisir. Il n’est ni « mal élevé », ni « pervers ». Il faut simplement lui dire qu’il peut toucher son sexe quand il est seul, dans sa chambre ou dans la salle de bains.
  • Puis, l’enfant démontre de l’intérêt pour l’autre sexe vers 4-5 ans. Le jeu du docteur (Rufo, 2003) avec un enfant de même âge par curiosité a lieu à ce moment.
  • Vers 6-7 ans, l’enfant se concentrera, en principe, sur les apprentissages. Et la masturbation ne se pratique normalement plus pendant quelques années.
  • La masturbation apparaîtra alors de nouveau à la puberté. Ce qui est normal.

Il est capital que les parents abordent les changements physiques et psychologiques à la puberté. L’implication des actes sexuels sur les plans affectif et physique : tant en termes de grossesse que de maladies sexuellement transmissibles.

Eléments importants :

  • Etre à l’aise pour parler de sexualité avec les enfants et les jeunes. Que l’on soit parent ou enseignant. L’enfant sent s’il peut poser des questions ou si l’adulte considère le sexe comme tabou.
  • Transmettre les informations sans attendre que les enfants posent des questions ou découvrent les réponses seuls. Réponses souvent erronées à travers leurs pairs ou sur Internet. Plusieurs professionnels et ouvrages existent pour aider les éducateurs : J. Robert, les guides Hachette pour divers âges, M. Rufo, etc.

On peut tous s’informer pour mieux informer les enfants.

Pour réduire le nombre de grossesses précoces, ainsi que les risques encourus.

Il s’agit de le vouloir.