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Cet adolescent de Bristol s’est nourri presque exclusivement de frites, de chips (de la marque Pringles) et de pain blanc depuis l’enfance. A 17 ans, il est considéré légalement aveugle. En cause : son alimentation très restrictive, qui a provoqué une malnutrition et des carences sévères en vitamines.

Agé de 19 ans aujourd’hui, le jeune homme ne travaille pas et a abandonné son cours d’informatique, a déclaré sa mère. «Il a dû abandonner parce qu’il ne voyait ni n’entendait rien», a-t-elle précisé. Le jeune homme veut travailler mais ne trouve rien, poursuit sa mère qui a quitté son emploi pour s’occuper de lui.

S’il jouit encore de sa vision périphérique et peut donc se déplacer, le Britannique ne peut toutefois pas conduire and éprouve des difficultés à lire, regarder la télévision ou distinguer les visages, a expliqué le Dr Denize Atan, qui l’a soigné au Bristol Eye Hospital.

«Son régime comprenait essentiellement une portion de frites du vendeur local de ‘fish and chips’ tous les jours. Il mangeait aussi des chips – Pringles – comme snacks et parfois des tranches de pain blanc et à l’occasion des tranches de jambon, mais pas vraiment de fruits et légumes», a expliqué le Dr Atan.

Comment justifier un tel régime alimentaire, qu’il a adopté vers l’âge de 7 ans, selon sa mère ? Le jeune homme a mis en avant son «aversion pour certaines textures d’aliments qu’il ne pouvait vraiment pas tolérer», a indiqué le médecin et son équipe. Ce qui est correspond, dans le jargon médical, à un trouble d’alimentation sélective et/ou d’évitement.

Le cas a été rapporté dans la revue «Annals of Internal Medicine» ce mardi 3 septembre.

A 14 ans, le jeune homme avait été diagnostiqué comme souffrant d’une carence en vitamine B12. Il commençait alors à avoir des problèmes d’audition. Il n’a toutefois pas suivi son traitement de suppléments vitaminiques ni changé ses mauvaises habitudes alimentaires. Trois ans plus tard, il se rendait au Bristol Eye Hospital en raison de sa vue déclinante.

D’autres analyses ont alors montré que, bien que n’étant ni en surpoids ni en sous-poids, l’adolescent souffrait de carences en B12 et d’autres vitamines et minéraux essentiels comme le cuivre, le sélénium et la vitamine D. «Ses os étaient déminéralisés, ce qui est choquant pour quelqu’un de son âge.»

Le diagnostic final : une neuropathie optique carentielle causée par une mauvaise alimentation. Cette maladie est curable lorsque détectée tôt. Au cas contraire, les fibres du nerf optique finissent par mourir et les dégâts sont alors permanents, comme dans le cas de ce jeune homme.

«Il prend des suppléments vitaminiques mais son alimentation n’a pas vraiment changé», a fait ressortir sa mère, âgée d’une quarantaine d’années. «Quand il était en counselling, nous avons pu lui faire introduire des smoothies de fruits» dans son régime. «Mais il a arrêté.»

Les cas de neuropathie optique carentielle sont rares. Les parents doivent toutefois être vigilants avec leurs enfants s’ils font des caprices alimentaires, prévient le Dr Atan. Qui préconise des repas équilibrés.

Source : BBC.com, The Guardian

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