Après la publication du communiqué relatif à l’institution de la Commission d’enquête sur les permis obtenus par Alvaro Sobrinho, déclare Ameenah Gurib-Fakim à la Commission Caunhye ce mardi 21 août, le bureau du Premier ministre lui a adressé une lettre. La violation de la Constitution y est évoquée. D’une voix cassée, elle explique que ce n’est qu’après avoir démissionné qu’elle a vu les courriels échangés entre l’avoué et l’avocat Hervé Duval. Qui avait expliqué en des termes non équivoques qu’il n’était pas favorable à la mise en place d’une commission d’enquête.

«Vous n’avez donc pas compris que la présidente de la République ne peut décider de l’institution d’une Commission d’enquête sans l’aval du Conseil des ministres ?» demande Asraf Caunhye. «Je l’ai compris le 10 avril», répond Ameenah Gurib-Fakim. «D’après le message d’Hervé Duval, il est clair qu’il a donné un avis légal que M. Noël ne vous a jamais communiqué», lance le juge. «Oui, si j’avais été avertie, j’aurais pris une autre décision», répond-elle. «Je pensais que l’avis qui m’avait été donné était le bon», enchaîne-t-elle.

«Je n’ai pas appelé Gilbert Noël. Quand j’ai reçu la lettre du PMO, j’étais bouleversée. It was the straw that broke the camel’s back. I was alienated, completely shut out. I knew that the Commission of inquiry was quashed. I have read the Constitution as a layman when I was sworn in. I never got any coaching about what a president should do. I had to rely on my own reading of it», lance Ameenah Gurib-Fakim à une question du juge Caunhye.

Le 17 mars, Yousuf Mohamed s’est présenté à la State House avec Nadeem Hyderkhan et Gilbert Noël pour lui demander de démissionner, ayant de «serious information» sans dire davantage. La scientifique explique qu’elle était dans tous ses états, les titres des journaux du matin parlant de tentative de coup d’Etat et d’usurpation de pouvoir de l’exécutif. Elle a alors demandé à son époux de la rejoindre, lequel l’a invitée à contacter Pravind Jugnauth, mais le Premier ministre était injoignable.

Elle a alors appelé l’avocat Gavin Glover qui l’a enjoint de démissionner «due to circumstancial evidence». Elle s’est donc tournée vers Yousuf Mohamed qui est revenu au Réduit pour l’aider à rédiger sa lettre de démission. «I was not in the right frame of mind», a-t-elle répondu à Asraf Caunhye qui lui a demandé si elle n’a pas confronté Gilbert Noël lorsqu’il s’est amené avec l’avocat.