Les recherches menées par Facebook et révélées récemment par la compagnie n’ont pas été au goût de tous. Ce qui provoque l’ire des internautes ? La méthodologie employée : pour tester son hypothèse, la compagnie a manipulé les fils d’actualités de ses utilisateurs. Dans quel but ? Voir l’influence des contenus sur les messages postés la suite. Et, à terme : « Améliorer nos services et faire que le contenu que les gens voient sur Facebook soit aussi pertinent et stimulant que possible. » Et selon l’article publié récemment dans la revue scientifique américaine Proceedings of the National Academy of Sciences, cette étude du service d’analyses des données de Facebook démontre que les émotions sont contagieuses.

Durant une semaine en janvier 2012, Facebook a injecté du contenu positif, négatif ou neutre dans les Newsfeed de 689 003 utilisateurs choisis au hasard. Au terme de l’analyse des données collectées par la suite, les chercheurs sont arrivés à la conclusion suivante :

« Les émotions exprimées par des tiers sur Facebook influencent nos propres émotions et  constituent dès lors la preuve de la contagion massive à l’œuvre sur les réseaux sociaux. Cette étude révèle également que contrairement à des conclusions précédentes, les interactions en chair et en os et les signaux non-verbaux ne sont pas nécessaires à la contagion émotionnelle, et que l’observation des expériences positives de tiers constitue en elle-même une expérience positive. »

Si l’étude demeure intéressante, la méthode employée a provoqué une levée de boucliers. D’aucuns dénoncent, en effet, une « manipulation » de leurs émotions. Facebook n’a, en effet, pas requis l’autorisation express des utilisateurs concernés par ces recherches. Car, explique le réseau social, l’une des clauses des Terms and conditions auxquels souscrivent tout Facebookeur fait état de la possible utilisation de données à des fins de recherche, et de l’utilisation d’un système de « filtrage » pour les News feed.

Or, pour certains chercheurs, cela n’exclut pas la nécessité d’un consentement informé de tout participant à une étude. « En tant que chercheur, vous n’avez pas carte blanche au niveau éthique parce qu’un utilisateur a coché une case à côté d’un lien menant vers les conditions d’utilisation d’un site web », insiste Max Masnick, chercheur et détenteur d’un doctorat en épidémiologie. « Le chercheur doit s’assurer que tous les participants ont donné leur accord de manière éclairé. »

Des chercheurs ont également décrié la méthodologie, à l’instar du professeur James Grimmelmann. « L’étude a nui aux participants » car elle a changé leur humeur, dit-il. « Ce n’est pas bon, même pour Facebook. »

Sources : The Guardian, The Independent