Le 20 janvier, Barack Obama laissera les clés de la Maison blanche à Donald Trump. C’est à Chicago, où tout avait commencé pour lui, que le président sortant a choisi de prononcer son dernier discours public. Alors que cette allocution se fait, selon la tradition, à Washington.

Chaleureux, parfois ému jusqu’aux larmes, Barack Obama s’est adressé pendant près d’une heure à son audience. Repassant brièvement sur ses huit années au Bureau ovale. Rendant un hommage bouleversant à Michelle Obama, son « épouse, mère de [ses] enfants et [sa] meilleure amie » et à leurs deux filles.

N’oubliant pas Joe Biden, Obama a remercié un « vice-président formidable » et un « frère ».

« Quatre ans de plus ! » ont scandé longuement les quelque 20 000 personnes présentes au McCormick Place, au début du discours d’Obama. « Je ne peux pas faire ça », a-t-il répondu.

Abordant l’état de la démocratie, le président des Etats-Unis s’est voulu optimiste. Affichant sa « foi renouvelée » en l’Amérique. C’est à Chicago, dit-il, qu’il a appris qu’« il n’y a du changement que lorsque les gens ordinaires s’engagent ».

La démocratie, fait-il ressortir, requiert de la solidarité, et s’appuie sur l’idée que « nous nous élevons et nous chutons ensemble, comme un seul peuple ».

Obama est aussi revenu sur ses accomplissements tels que l’inversion de la grande récession, le redémarrage de l’industrie automobile, l’amélioration des relations avec Cuba, la création d’emplois, le mariage pour tous et l’Obamacare, réforme de l’assurance-maladie qui ne devrait pas faire long feu sous Trump.

Selon le président sortant, ce qui avait été promis lors de ses deux campagnes électorales a été accompli et cela grâce au soutien du peuple américain.

Quant à l’investiture de Donald Trump, Barack Obama s’est voulu dans l’apaisement. Pour lui, « la paisible passation de pouvoir d’un président à un autre » est un exemple distinctif de démocratie.

Si le 44président des Etats-Unis n’a fait référence explicitement à son successeur qu’à ce moment de son discours, l’ombre de Donald Trump a pourtant plané sur une bonne partie de son intervention. Et si Obama s’est surtout voulu « optimiste », on retiendra surtout les inquiétudes dont il s’est fait l’écho à l’aube de l’ère Trump. Soulignant les « menaces à la démocratie » mais aussi les divisions profondes au sein des Etats-Unis en raison des inégalités et de discriminations. « La démocratie peut flancher si nous cédons à la peur. »

Barack Obama est resté réaliste quant aux problèmes raciaux qui perdurent aux Etats-Unis. Pour le président, « la question de la race demeure une puissante force séparatiste de notre société ». Or, pour Obama, chaque vague de migrants de l’histoire des Etats-Unis n’a fait que « renforcer la nation ». Et de souligner le « privilège blanc » perçu par les minorités. Il faut, dit-il, investir dans l’avenir des enfants des migrants car « ce sont eux qui  représenteront une grande partie de la main-d’œuvre américaine ».

Il a aussi mis en garde contre la tentation de s’enfermer dans des bulles. Et de ne se tourner que vers l’information qui « conforte notre opinion ».

Obama a aussi critiqué ceux qui mettent en doute le changement climatique, en choisissant d’ignorer la science et la raison.

Barack Obama a, à plusieurs reprises, fait référence aux valeurs fondamentales de la société américaine. Comme un appel aux armes, il a insisté sur la nécessité de continuer de croire au changement et d’agir.

Les citoyens US sont déçus par leurs élus ? « Présentez-vous vous-mêmes aux élections. » Et de lancer une ultime requête, comme il y a huit ans : « Je vous demande de croire. Pas dans mes capacités de changer les choses, mais dans les vôtres. »

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