En toute honnêteté, trouvez-vous que les courses s’améliorent d’année en année ou empirent-elles ?

Il y a eu de grandes améliorations et surtout, il ne faut pas oublier que le Mauritius Turf Club est le seul club hippique de l’hémisphère Sud qui a gardé une tradition non-stop. Mais ce que je n’aime pas, c’est qu’il y a eu une invasion de gens qui ne pensent qu’au betting et pour qui les chevaux ne sont que des instruments de gains monétaires.

Les courses des chevaux à Maurice ont été un instrument pour la paix entre les Anglais et les Français. Pourquoi les petits combats de chef ne cesseraient-ils pas au profit de la promotion de notre sport favori ? Le Champ-de-Mars doit devenir le lieu par excellence de la rencontre de tous ceux qui aime les chevaux et un carrefour pour l’après-course (dîners et diverses activités).

Par ailleurs, on n’a pas encore pensé à Maurice à une véritable politique des courses hippiques qui ferait de notre pays une véritable attraction d’abord dans la région, ensuite dans le monde.

Comment, selon vous, peut-on assainir les courses ?

Primo, il faut changer les règles au niveau du Champ-de-Mars en changeant certaines règles du Mauritius Turf Club. Certaines pratiques, par exemple à la jockeys’ room, doivent être revues avec l’installation de CCTV et la présence alternative des représentants des autorités. Secundo, il faut aussi revoir le fonctionnement et les attributions de la police des Jeux. Tertio, la Gambling Regulatory Authority doit être complètement réétudiée en prenant en considération les différents scandales qui ont secoué le monde hippique. Et il faut une commission pour étudier en profondeur les changements à court et à long terme.

Il faudrait aussi permettre aux bookies d’avoir des comptes avec dépôt de leurs clients, ce qui permettrait de contourner le problème du credit betting et en même temps marginaliserait les bookmakers clandestins.

Comment voyez-vous l’ambiance qui règne au Champ-de-Mars ?

C’est surtout pour l’ambiance que j’y vais de même qu’au Crown Lodge où elle dépasse le monde hippique car on y rencontre des personnes venant de tous les coins du monde et issus de différentes professions. A travers le Crown Lodge et grâce à notre hippodrome, on s’y fait de nouveaux amis.

Dans une saison, vous assistez à combien de journées de courses ?

À presque toutes les journées sauf pendant le Ramadan où je m’y rends uniquement si l’un de mes chevaux est partant.

Alors madame Valayden, votre amour pour le cheval date de quand ?

De ma tendre enfance.

taslima valayden

Votre meilleur souvenir ?

La victoire de Ghost Dog battant Istiqraar suite à une foudroyante accélération dans les derniers 100 mètres.

Et le pire ?

Quand je me suis réveillée un matin en voyant sur Internet le crime atroce que des barbares avaient commis sur Mythical man. Ils avaient guillotiné ce cheval. C’était l’un de mes anciens chevaux et que j’avais vendu. J’espère un jour avoir les moyens d’avoir une ferme pour les chevaux retraites.

Si vous deviez être un cheval, vous seriez…

Ghost Dog pour son cœur, son tempérament, sa fougue, sa volonté… Je suis en communion avec ce cheval, il a une âme. Il ne lui manque que le don de la parole.

Est-ce que vous misez ?

Je mise pour le plaisir de miser.

Quel conseil donneriez-vous aux turfistes ?

On ne s’enrichira jamais avec les jeux du hasard, donc misez uniquement une infime partie de vos revenus.

Un mot de la fin ?

Que Dieu protège les chevaux et que cessent toutes les magouilles.