Alors M. Hart de Keating, votre amour pour le cheval date de quand ?

J’ai fait mes premiers pas au Champ-de-Mars quand j’avais 17 ans… Dans la plaine, tout seul, parce que mes amis n’étaient pas fans de course. Je prenais le bus de Curepipe, puis un « taxi-train » à la gare Victoria pour le Champ-de-Mars. Je me rappelle encore de la vitesse à laquelle conduisaient les taximen dans les petites rues de Port-Louis. C’étaient des fous ! Et je rentrais à la maison en taxi, si j’avais gagné, soit en auto-stop au cas contraire.

Le cheval me fascinait… Il me fascine encore plus car je le comprends mieux aujourd’hui.

Dans une saison, à combien de journées assistez-vous ?

Il me faut concilier vie de famille et courses car malheureusement, mon épouse n’est pas une grande fan du Champ-de-Mars. Donc, une fois sur deux est un arrangement informel qu’elle accepte plutôt bien. Mais j’essaie de grignoter quelques journées en plus quand je peux.

Comment voyez-vous l’ambiance qui y règne ?

J’adore l’ambiance au Champ-de-Mars. Sinon, je n’y serai pas. Je ne rentre volontairement pas dans les « inside stories » car je ne veux pas être déçu. Je veux garder intacte ma « naïveté » par rapport à ce sport car c’est ma seule passion. Certains diront peut-être que j’applique la politique de l’autruche mais c’est mon choix.

En toute honnêteté, trouvez-vous que les courses s’améliorent d’année en année ou empirent-elles ?

Il y a du bon et du moins bon au Champ-de-Mars. C’est normal, la perfection n’existe malheureusement pas. Certains y travaillent et d’autres moins.

Quelle est la solution, d’après vous, pour l’assainissement des courses ?

Un leadership fort et objectif au Mauritius Turf Club. Une Gambling Regulatory Authority avec des dents. Que ces deux organismes aient une réelle volonté de punir les commanditaires des courses arrangées et non seulement les jockeys et les apprentis qui ne sont que les exécutants à leur solde. C’est de l’utopie, je sais !

Votre meilleur souvenir ?

La victoire de Solo Traveller dans la Duchesse. Ma première descente sur la piste du Champ-de-Mars. Et dans quelles circonstances !

Votre pire souvenir ?

Le jour où mon frère Gregory m’a annoncé que Solo Traveller avait été euthanasié. Je ne savais pas que je pleurerais autant pour un cheval.

Si vous deviez être un cheval…

Albert Mooney, bien sûr ! J’aurai tellement aimé avoir son talent et son charisme.

Est-ce que vous misez ?

Oui. Vous connaissez quelqu’un qui vient au Champ-de-Mars aussi souvent que moi et qui ne le fait pas ? Mais je mise ce que je peux me permettre de perdre.

Quel conseil donneriez-vous aux turfistes ?

De venir au Champ-de-Mars. Les turfistes au Champ-de-Mars, c’est la vie pour les courses. De faire leur homework au lieu de se fier au fameux tiyo. De ne pas compter sur les paris pour gagner leur vie, c’est le travail qui paie.

Edouard HartdeKeating2