Fille de… mais pas que

Formée aux secrets du sitar classique par son père, la musicienne et compositrice est depuis longtemps sortie de l’ombre du célèbre Ravi Shankar. Sans pour autant le renier. A 19 ans, elle avait déjà deux albums à son actif. Aujourd’hui, le compteur en affiche huit. Sans compter les compilations.

Ses goûts musicaux sont éclectiques. Et se reflètent dans sa musique. Chopin, Metallica et Madonna se côtoient dans sa playlist, au même titre que la trance de Goa, le drum’n’bass, le jazz ou encore le flamenco.

En duo à 16 ans avec son père, en 1997 :

Le sitar aux sons actuels

Anoushka Shankar signe sur son dernier opus, Land of Gold, une collaboration avec la rappeuse brit/ sri-lankaise M.I.A. Avec cet album aux accents très contemporains, elle poursuit son exploration au-delà des frontières des genres musicaux.

L’exploratrice

Anoushka Shankar ne se contente pas d’enregistrer des albums et de se produire sur scène pour jouer ses morceaux ou ceux des autres. La trentenaire a signé, l’année dernière, sa première bande originale de film pour «Shiraz: A Romance of India». Ce long-métrage muet date de 1928 et a été restauré à l’occasion des 70 ans d’indépendance de l’Inde.

Pratique
Quand ? Le 26 septembre – Où ? Trianon Convention Centre – Heure ? 20h (pour 1h30 de concert). Prix ? De Rs 450 à Rs 5 000 sur MonTicket.mu

Une artiste engagée

Sa musique reflète aussi ses convictions et ses combats. Anoushka Shankar n’a pas non plus peur d’user de sa notoriété pour mettre sous les feux des projecteurs des causes qui lui tiennent à cœur. En 2013, suivant le viol collectif et le meurtre d’une étudiante indienne à New Delhi, elle rejoint la campagne One Billion Rising. Et se confie : comme de trop nombreuses femmes et filles à travers le monde, Shankar a été abusée sexuellement quand elle était enfant.

Outre son engagement pour les droits des femmes, la virtuose du sitar milite également pour les droits des réfugiés – Land of Gold s’inspire du sort de ces milliers de déplacés – et contre le trafic humain. «Un artiste ne peut pas changer le monde, mais je pense que nous pouvons faire une différence», dit-elle dans le San Diego Union-Tribune au moment de la sortie de cet album en 2016.

Photo : Jamie-James Medina via Sulivan Sweetland