Masques et parapluies rouges étaient de sortie, ce matin. Des masques pour protéger l’anonymat des participants, des parapluies pour montrer la solidarité avec les personnes qui se prostituent. Car « les préjugés sont encore tenaces », insiste Nicolas Ritter.

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Le directeur de PILS était, ce matin, en compagnie d’autres membres d’ONG – Lacaz A, Collectif Arc-en-ciel, CUT, Kinouete – et des membres du public venus participer à la marche initiée par Marlène Ladine, directrice du centre Chrysalide. Cette marche symbolique, qui a démarré au Champ-de-Mars pour rallier le Jardin de la Compagnie, a lieu dans le cadre de la Journée internationale des droits des travailleurs du sexe, célébrée aujourd’hui.

Pour Nicolas Ritter, il est significatif qu’au niveau mondial, deux journées soient dédiées aux personnes qui se prostituent. En effet, le 17 décembre marque aussi la Journée internationale de lutte contre les violences envers les travailleurs du sexe.

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Mais au-delà des agressions verbales, physiques et psychologiques qu’elles peuvent subir, ces personnes souffrent aussi du regard de la société. « La société elle-même porte un regard qui juge, qui dénigre – il n’y a même pas besoin de position d’autorité vis-à-vis d’elles », indique Nicolas Ritter.

C’est justement pour interpeller le public et tenter de changer la perception des gens que Marlène Ladine et le centre Chrysalide ont organisé la Marche des parapluies rouges. « Cette 3édition vient rappeler que les personnes qui se sont retrouvées dans la prostitution, pour une raison ou pour une autre, ont droit au respect et au respect de leurs droits », souligne Marlène Ladine, directrice du centre.

« Nous voulons que d’autres, et pas seulement nos partenaires les plus proches – les ONG présentes –, entendent la souffrance de ces gens. » Saluant la collaboration de la police dans l’organisation de l’événement de ce matin, Marlène Ladine dit souhaiter « que l’on puisse collaborer plus étroitement avec la force policière sur ce sujet et ses problématiques, comme cela se fait dans d’autres pays ».

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Tout le monde, déclare Nicolas Ritter, que ce soit la police, le State Law Office, les décideurs politiques, la société civile ou le secteur privé, devrait « réfléchir ensemble et cela au plus vite ». Afin de trouver de vraies solutions, en « allant au-delà des considérations morales ou religieuses ».

« Un pays est jugé par sa capacité à prendre en compte les besoins des plus faibles », poursuit le directeur de PILS. « Les personnes qui se prostituent sont, en l’occurrence, un exemple des plus vulnérables. »

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Ci-dessous, le plaidoyer publié en 2010 à l’occasion de la première Marche à Maurice.

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