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«Dans cette chaleur du succès, la victoire peut vous pousser vers l’arrogance, la surestimation de vos capacités (…). En allant trop loin, vous vous créez plus d’ennemis que vous n’en battez».

Robert Greene dans Les 48 Lois du Pouvoir

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«Toute campagne guerrière doit être réglée sur le semblant ; feignez le désordre, ne manquez jamais d’offrir un appât à l’ennemi pour le leurrer, simulez l’infériorité pour encourager son arrogance».

Sun Tzu dans L’Art de la Guerre

 

De l’an 500 avant Jésus Christ aux années 2000, tous ceux qui ont étudié les conflits et la politique ont identifié l’arrogance comme un des traits de caractère pouvant précipiter la déchéance de ceux qui gouvernent. Nos responsables politiques locaux ne dérogent pas à la règle. Sir Seewoosagur Ramgoolam en 1982, sir Anerood Jugnauth en 1995, Navin Ramgoolam et Paul Bérenger en 2014. Tous les leaders politiques du pays en ont fait les frais.

Depuis la double victoire – Medpoint/Chagos – du gouvernement du 25 février dernier, l’euphorie règne. Elle pousse même certains zélotes orange à penser et à réclamer des législatives anticipées. Que Pravind Jugnauth remporterait, selon eux, haut la main. Jusque dans sa garde rapprochée, le Premier ministre semble crouler sous les dithyrambes de ceux qui pensent – et veulent aussi faire croire – que le leader du MSM contrôle l’échiquier politique.

Ils se trompent car ils se basent sur un raisonnement erroné. La prémisse de leur réflexion est sans conteste juste. A 57 ans, Pravind Jugnauth peut prétendre participer à encore deux ou trois législatives et les remporter. Paul Bérenger (73 ans) et Navin Ramgoolam (71 ans) ne peuvent sans doute pas avoir la même prétention. Jugnauth a un avenir politique, là où Ramgoolam et Bérenger ont surtout un passé. La deuxième partie du raisonnement ne tient néanmoins pas la route car elle se fonde sur un effet Medpoint/Chagos qui dure et le marketing agressif de l’image lisse et outrancièrement familiale de Pravind Jugnauth.

Le trop nuit. Toutefois, commençons par le pas assez. Aussi importante et symbolique que soit la victoire de Maurice devant la Cour internationale de justice ; aussi libératoire que soit la décision du Privy Council dans l’affaire Medpoint, les Mauriciens auront tôt fait d’oublier ces deux événements dans à peine quelques semaines. Ils sont largement insuffisants pour créer un quelconque feel good factor national susceptible de raffermir le capital politique du Premier ministre.

Par contre, le trop lui nuira sans doute. Animé de trop loyales intentions à l’égard de Pravind Jugnauth, Anooj Ramsurrun, le directeur par intérim de la MBC, a laissé sombrer son institution dans la basse propagande. Servis et pollués par certains producers – à vrai dire des salesmen –, les bulletins d’information prennent une allure pornographique. Tant les gâteries à l’intention du maître s’enchaînent à chaque JT… que les Mauriciens regardent d’ailleurs de moins en moins. Sans doute incommodés par les nausées qu’ils provoquent trop souvent.

La volonté d’enfoncer le clou proviendrait-elle de la perception que le Parti travailliste et son leader sont aux abois ? Navin Ramgoolam multiplie, en effet, les signaux ambivalents. Il laisse entendre que des cadres de son parti songent à changer de camp. Intox ? Ce qui est certain, c’est que certains rouges ont également développé des ambitions de grimper haut dans la hiérarchie du parti et d’un éventuel gouvernement dirigé par Ramgoolam. Face à tout cela, d’autres s’inquiètent de l’imperméabilité de leur leader. Qui consulte un cercle restreint de collaborateurs sur les questions stratégiques pour mieux laisser les éléphants du parti sur la touche.

Ce vendredi, Ramgoolam en a rajouté une double couche. En évoquant une prise de distance, il s’appuie sur les étapes de la vie dans l’hindouisme, le leader du PTr dit être arrivé au 4stade. Celui du sanyassa, un état de renoncement au profit de la spiritualité. L’ancien Premier ministre a-t-il ainsi, en pleine effervescence de Maha Shivratri à Ganga Talao, laissé entendre qu’il s’apprête à se retirer de la vie politique ? Si c’est le cas, de violentes secousses telluriques frappent les rouges sans qu’on le sache. Si ce n’est pas le cas – et nous ne croyons pas un seul instant que le chef des rouges prend la voie de sortie –, Ramgoolam cherche à laisser la complaisance et l’arrogance miner davantage le gouvernement.

La coterie qui entoure le Premier ministre va probablement s’en charger. En susurrant des éloges à l’oreille de Pravind Jugnauth et en s’assurant que la MBC en fasse de même en direction de la population. Celle-ci n’est pas dupe. Le leader du MSM le sera-t-il ?

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