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Décidément, certains ne comprendront donc jamais. Des Mauriciens outrés se sont rendus à la police pour porter plainte contre Anil Gayan pour incitation à la haine. Entre-temps, d’autres réclament la démission du ministre du Tourisme. Nous leur donnons deux scoops. La première : Gayan ne démissionnera pas, ni sera-t-il «démissionné». La seconde : arrogant comme à son habitude, et n’ayant exprimé qu’un «regret» au sujet de ses propos – mal interprétés, dit-il –, l’élu du Muvman Liberater (ML) enverra paître ses détracteurs.

Avant de s’intéresser à ce triste personnage, il convient toutefois de rappeler à quel point la polémique actuelle est aussi fabriquée que rassie. Shakeel Mohamed a sonné l’hallali en rappelant que le ministre «was attacking Pakistan» dans le passé. Expulsé quelques instants plus tard, le chef du file du Parti travailliste au Parlement n’a pu préciser à quoi il faisait allusion, mardi dernier. Il dénonçait en fait des propos tenus par Gayan en 2016, alors qu’il était ministre de la Santé. Passés inaperçus, ceux-ci n’avaient pas déclenché de polémique alors. Mais le contexte pieux actuel – et surtout un journal proche du PTr –aidant, le soufflet a pris et enflé cette fois-ci.

Soudain, on a découvert les propos offensants du cadre du ML. Cette offuscation à retardement n’est pas sans rappeler la tournure qu’avait prise la querelle entre Ravi Rutnah et Aadil Ameer Meea. L’élu de Piton/Rivière-du-Rempart avait relevé les emprunts généreux d’un discours de Kee Chong Lee Kwong Wing, alors député mauve, plusieurs années de cela. La contre-attaque n’avait pas tardé, l’élu de Port-Louis Maritime/Est avait posé une question parlementaire sur les frais médicaux de l’épouse de Rutnah. Si les accusations et sous-entendus étaient sans fondement, les préjudices causés étaient bien réels.

Cette précision de contexte faite, on peut s’intéresser à nouveau à Gayan sur le fond et dans la forme. A vrai dire, si celui-ci déclenche maintenant une nouvelle poussée d’urticaire chez certains Mauriciens, il faut rappeler que cela fait plusieurs années que le président du ML s’est disqualifié comme ministre et élu de la République. Si on peut, pour la discussion, croire que les paroles de Gayan sur les «honour killings» au Pakistan ont été tirés hors de leur contexte, comment peut-on oublier les propos «hansardisés» de l’élu du ML au Parlement le 1er avril 2015.

Sonnés par les déboires de Navin Ramgoolam et l’assaut médiatique de l’affaire BAI, les travaillistes avaient à peine réagi au discours choquant du ministre. Croyant faire de l’esprit, Gayan avait de manière odieuse et écœurante remarqué «that it is for the first time in the history of Independent Mauritius, a non- Hindu is sitting as Leader of the Labour Party in this House – attacked Vijaya Sumputh». Pour moins que cela, des députés et ministres qui se respectent, dans de vraies démocratiques parlementaires, auraient rendu leur tablier. Mais sir Anerood Jugnauth (SAJ), Premier ministre d’alors, et Pravind Jugnauth ont offert un shabash implicite à Gayan en ne condamnant pas cette sortie répugnante.

Armé de son sauf-conduit – un véritable get out of trouble card –, Gayan a accumulé les propos et comportements choquants. Les frasques de ce «bon zom» sont connues. Ministre de la Santé, son approche politicienne au sujet de la distribution de méthadone l’a fait passer pour un rétrograde réactionnaire. Par ailleurs, fidèle à sa réputation d’être aux petits soins pour ses protégées, il a assisté à deux réunions du conseil d’administration du Trust Fund for Special Medical Care que dirigeait son amie Vijaya Sumputh alors qu’il n’avait rien à y faire.

Apathique, SAJ avait auparavant excusé les «jokes » et «boutades» de Gayan. Tout comme les dames et jeunes filles, Gayan n’a aussi rien à craindre de Pravind Jugnauth. Jusqu’ici, les frasques de président du ML lui ont valu une promotion d’une administration complexe et difficile à un ministère glamour comme celui du Tourisme. De là à ce qu’il obtienne à nouveau une investiture du leader du MSM, il n’y a qu’un pas…

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