Depuis juillet 2014, les membres d’Amnesty International (AI) Maurice ont tenté de prévenir le pire. Mais ils ont dû se rendre à l’évidence, trois mois après la décision du Membership Appeal Committee (MAC) d’AI, plus aucun recours n’est possible pour permettre à AI Maurice de survivre. Ce « coup de massue » laisse Rajee Pyneeandy, membre fondateur du mouvement à Maurice, « triste et révoltée ».

Car fondée en 1981, l’association s’est forgée « une réputation de sérieux et de crédibilité ». Que « le manque d’expérience ou de professionnalisme » de certains dirigeants de la branche de Maurice ont mis à mal. C’est, en effet, en 2013 que la sonnette d’alarme est tirée sur  « le manque de gouvernance, le manque de transparence dans la tenue des comptes et le non-respect du principe de l’obligation de rendre des comptes aux instances supérieures du mouvement » constatés par la branche locale de l’organisation.

Ce constat aboutit à une sanction lourde du comité exécutif international de l’organisation. En juin 2013, elle décide de la fermeture définitive d’AI Maurice. Un groupe de membres de l’association à Maurice résiste alors en interjetant appel auprès du MAC. Estimant d’une part que cette sanction, rarissime, est trop lourde et, d’autre part, que les activités de la branche mauricienne peuvent être relancées sans solliciter d’apport financier du mouvement international. Mais la décision de fermeture est confirmée en juillet 2014. Rajee Pyneeandy et d’autres membres de l’association affirment néanmoins vouloir « continuer à se battre » afin de permettre à AI Maurice de renaître mais restent prudents sur leurs chances de réussite.

En attendant de remettre éventuellement l’association sur les rails, ils repensent aux grands moments d’AI à Maurice.  Le mouvement a, en effet, joué un rôle déterminant auprès de l’Etat. Afin notamment de convaincre nos dirigeants de faire ratifier de nombreux traités internationaux sur les droits humains, dont la Convention internationale contre la torture. « La suspension de la peine de mort à Maurice est aussi en partie due à notre travail, même si nous continuons à militer pour qu’elle soit purement et simplement abolie. »

Pour le moment toutefois, c’est AI Maurice qui a été purement et simplement aboli. Mais les membres promettent de tout faire pour faire renaître l’association. D’ici là, ils comptent rencontrer la presse afin de tirer en public « les leçons de la disparition d’une organisation, qui était considérée comme le fer de lance des droits humains à Maurice ».