«Le projet pilote a été un échec.» La Medical and Health Officers Association campe sur ses positions : les médecins généralistes ne veulent pas du shift system. Celui-ci n’est pas adapté au système de santé mauricien qu’il faudrait plutôt réformer en profondeur, insiste le Dr Vinesh Sewsurn, président de ce syndicat.

La réunion entre le syndicat et Anwar Husnoo, à 15h, promet à tout le moins d’être animée. Le ministre de la Santé a fait savoir, hier, qu’il n’y aurait pas de marche arrière quant au système de rotation.

Au vu des positions des uns et des autres, cette rencontre ne risque-t-elle pas de déboucher sur une impasse ? Comme Husnoo, la MHOA se dit ouverte au dialogue. Elle souhaite vivement, en tout cas, entendre le ministre expliquer ce système en vigueur dans l’ensemble des hôpitaux régionaux et dispensaires depuis ce 1er août.

«Les conditions n’ont jamais été discutées avec nous», insiste le Dr Sewsurn, joint au téléphone. Tout comme il insiste que les 81 médecins concernés par le projet pilote, dont il fait partie, n’ont pas été consultés sur le fonctionnement de ce système depuis son entrée en vigueur dans les services des urgences, le 1er avril 2016. «Sur quoi le ministère se base-t-il pour dire que les médecins sont satisfaits ?» s’interroge le Dr Sewsurn.

Alors que le ministre Husnoo pose comme fait accompli le recrutement de quelque 350 médecins dans le cadre de l’extension de ce programme, le président de la MHOA estime, lui, que le ministère a mis la charrue avant les bœufs. Le syndicat, rappelle-t-il, a porté la question du shift system devant la Commission de conciliation et de médiation depuis l’année dernière. Le ministère s’y était engagé à ne pas aller plus loin sans consensus avec les médecins, dit le Dr Sewsurn. «Si lamem nou pa kapav krwar dan seki li dir e pe ekrir dan bann regnon…»

Les médecins, réaffirme le président de la MHOA, s’opposent au shift system car il en va de leurs vies familiales et sociales mais aussi de leur santé. Les increments dont parle Husnoo «pour la première fois», souligne le Dr Sewsurn, «ne compenseront pas les risques à notre santé».

«Nous ne sommes pas contre un système qui sera bénéfiques à tous les stakeholders du système de santé, et pas qu’aux médecins», dit le président de la MHOA. D’où la position de ce syndicat mais aussi de la Government Medical and Dental Officers Association, dit-il, pour une réforme en profondeur des services de santé. Le syndicat, poursuit Sewsurn, avait déjà évoqué l’idée d’un atelier de travail avec tous les stakeholders, dont le personnel soignant et non soignant, sur cela.

La MHOA remet aujourd’hui cette idée sur le tapis. Forte du soutien de la GMDOA et des centrales syndicales que dirigent Radhakrishna Sadien et Narendranath Gopee.

Le syndicat a aussi saisi la Cour suprême pour une révision judiciaire. Une audience est prévue le lundi 7 août.

Photo : La MHOA et la Federation of Civil Service and Other Unions ont manifesté contre le shift system, hier, au bâtiment Emmanuel Anquetil où se trouve le ministère de la Santé.

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