L’Attorney General’s Office (AGO) sort de son devoir de réserve. Et vient remettre les points sur les « i » face aux « allégations fausses et diffamatoires » formulées contre son no 2 par Kailash Trilochun.

Le Solicitor General est la cible du président de la Financial Intelligence Unit (FIU). Kailash Trilochun a, dans un entretien accordé à Week-End début juillet, allégué que Dhiren Dabee est rémunéré en son nom personnel pour des conseils légaux à la FIU. Et cela sans autorisation.

L’avocat sous-entend également que la publication des Revised Laws of Mauritius, qui sert de référence à la profession légale, par une compagnie privée a permis de « trafiquer » la Law Officers Act et donc de généraliser la pratique que Trilochun reproche au Solicitor General (SG).

Alors que le Premier ministre dit avoir conseillé à Dhiren Dabee de porter plainte à la police, le président de la FIU a récidivé. L’express, dans son édition d’aujourd’hui, rapporte que Trilochun compte référer le cas du SG à l’Independent Commission against Corruption.

Pour le bureau de l’Attorney General, Trilochun se livre à une « attaque infâme, gratuite et sans fondement ». Et d’indiquer, dans un communiqué circulé en début de soirée : « Il est totalement faux d’insinuer de quelque façon qu’un law officer conseille ou représente quelque corps paraétatique (que ce soit la FIU ou une autre institution) sans autorisation appropriée. »

Cette pratique, est-il souligné, remonte d’ailleurs au début des années 1980. Et a été « réaffirmé » au fil des années par divers Attorney Generals et gouvernements.

La présidence a agréé en écrit, en 1995 puis en 2003, à ce que le SG et les law officers puissent conseiller et défendre en Cour les organismes parapublics, institutions et compagnies dans lesquelles l’Etat a un intérêt. Contrairement à ce qu’affirme Trilochun.

Un jugement de la Cour suprême de 2013 [voir document ici] vient « confirmer que les law officers peuvent comparaître pour les corps parapublics en vertu de l’autorisation générale qui leur a été accordée ».

L’AGO s’insurge également contre l’« allégation ou insinuation non fondée » à l’effet que quatre mots ont été volontairement omis de la Law Officers Act dans l’édition 2013 des Revised Laws of Mauritius.

Ces changements, indique l’AGO, sont officiels et datent de 2007. De plus, est-il précisé, la pratique de déléguer à une compagnie privée la publication des Revised Laws a cours depuis 1981.

Les allégations « calomnieuses » de Trilochun, fait ressortir l’AGO, risquent d’entraîner une « perte de confiance » de la profession légale et du public à l’égard des Revised Laws et des Revised Subsidiary Legislation of Mauritius.

Le bureau de l’AGO et les law officers se réservent le droit d’initier toute action qu’ils jugent nécessaire.

Lire la mise au point de l’AGO dans son intégralité ici.

Photo (archives) : Kailash Trilochun.