La construction demeure un pilier du développement à Maurice. La concurrence encouragera les opérateurs à investir et innover et ainsi offrir des produits et services à des prix compétitifs. C’est l’avis de Deshmuck Kowlessur, directeur exécutif de la Competition Commission. Celle-ci a rendu public son rapport préliminaire sur le marché de la construction. ce vendredi 20 avril.

L’étude, démarrée en avril 2017, vise à comprendre les conditions sur le marché local et les sujets de préoccupation au niveau de la concurrence. Qu’ils relèvent du cadre légal, de la structure du marché ou du comportement des opérateurs.

Les craintes majeures : l’intégration verticale de certains opérateurs majeurs, présents à plusieurs niveaux du marché, ce qui est susceptible de leur donner un certain avantage. Cette situation peut avoir des retombées positives sur les prix ou en termes de produits et services novateurs, reconnaît la CCM. Mais elle peut aussi déboucher sur des pratiques commerciales restrictives ou l’exploitation des clients.

Au chapitre des entrepreneurs/contracteurs, la catégorisation pose problème pour l’accès aux appels d’offres. Si 587  sont enregistrés, ce nombre se réduit comme une peau de chagrins plus le projet est d’une valeur importante. Ainsi, seules une vingtaine peuvent prétendre à être soumissionnaire pour des contrats allant jusqu’à Rs150 millions.

Les critères de catégorisation devraient aussi être étendus au-delà du chiffre d’affaires et de la valeur des projets déjà complétés. L’expérience, la qualité du travail et des garanties pour compléter les travaux devraient aussi être prises en compte, soutiennent ceux interrogés par la CCM.

Au niveau du marché public, les opérateurs locaux ont exprimé leurs craintes vis-à-vis des effets potentiellement restrictifs pour eux des contrats gouvernement-à-gouvernement.

La CCM invite le public à commenter le rapport par mail ([email protected]) ou par courrier : Executive Director, Competition Commission, 10th Floor, Hennessy Court, Corner Suffren Road and Pope Hennessy Street, Port Louis.

Ciment

Le secteur de la construction représente 56 000 postes environ, soit 10% des emplois disponibles à Maurice. Il pèse pour Rs 50 milliards d’investissements en 2017, selon Statistics Mauritius, et 7,5% du produit intérieur brut la même année (un peu plus du double qu’en 2016).

La demande pour le ciment est de 600 000 à 700 00 tonnes par an. Lafarge (Mauritius) Cement Ltd et Kolos Cement Ltd se partagent la presque totalité du marché. Mais au vu des importants investissements requis pour les opérations (de l’importation à la distribution), «il est peu probable que de nombreux opérateurs soient intéressés à intégrer le marché», note le rapport préliminaire.

Market Study of the Construction Industry in Mauritius – CCM Preliminary Report by ION News on Scribd