Le dernier rapport d’Oxfam a révélé les huit hommes les plus riches du monde. Selon ce document, leurs fortunes réunies représenteraient celle de la moitié la plus pauvre de la population mondiale. En tête de liste : l’Américain Bill Gates, fondateur de Microsoft, avec une fortune de 75 milliards de dollars. Il est suivi par l’Espagnol Amancio Ortega, fondateur d’Inditex, dont le patrimoine s’élève 67 milliards de dollars.

Le rapport a été rendu public aujourd’hui, à la veille du Forum économique mondial qui se tient à Davos, en Suisse, du 17 au 20 janvier.

Outre le Mexicain Carlos Slim Helu, propriétaire de Grupo Carso, les autres sont multimilliardaires viennent aussi des Etats-Unis : Warren Buffet, P-DG et premier actionnaire de Berkshire Hathaway ; Jeff Bezos, fondateur, président et directeur général d’Amazon ; Mark Zuckerberg, président, directeur général et cofondateur de Facebook ; Larry Ellison, cofondateur et P-DG d’Oracle ; et Michael Bloomberg, fondateur, propriétaire et P-DG de Bloomberg LP.

Dans son rapport, Oxfam stipule que « la crise mondiale des inégalités sévit de plus belle ». Il révèle en effet que depuis 2015, 1% des plus riches de la population mondiale composent un patrimoine équivalent au reste de la planète. Il stipule aussi qu’au cours des 20 prochaines années, 500 personnes transmettront plus de 2 100 milliards de dollars à leurs héritiers, une somme supérieure au produit intérieur brut de l’Inde.

Selon Oxfam, ces inégalités menacent la paix sociale et entraîne une hausse des taux de criminalité. Les causes de ces inégalités croissantes, soutient la confédération : l’exploitation des travailleurs et l’évasion fiscale. Les chiffres de l’organisation mondiale du travail démontrent que 21 millions de personnes sont en situation de travail forcé, ce qui profite aux entreprises en générant plus de 150 milliards de bénéfices par an.

« Les entreprises optimisent leurs bénéfices, notamment en allégeant le plus possible leur charge fiscale », souligne Oxfam. « Pour cela, elles recourent aux paradis fiscaux ou incitent et influencent les pays à proposer une fiscalité attrayante (allègements, exonérations et taux bas). »

Pour l’organisation internationale, ces inégalités perdurent car il existe une forme de « connivence ». Ils expliquent qu’afin d’accroître leurs richesses, les plus fortunés instaurent des politiques favorables à l’accumulation de patrimoine au détriment d’autres politiques « ayant un impact plus progressiste sur la société ». Oxfam cite comme exemples, le financement de partis politique, des actions de lobbying et de groupes de réflexion et d’université pour faire pencher les discours économiques en leur faveur.   

Pour Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam International : « Il est indécent que tant de richesses soient détenues par si peu de monde, quand une personne sur dix survit avec moins de 2 dollars par jour. »

Ce rapport révèle aussi que ces inégalités n’ont pas le même impact sur les hommes que sur les femmes. Car ces dernières « ont près de 27 % moins de chances daccéder au marché du travail que les hommes ». Et elles sont « systématiquement moins rémunérées que les hommes ». Il révèle aussi que « les plus grandes entreprises de confection au monde font toutes appel aux usines de filature de coton indiennes, coutumières du travail forcé de jeunes filles ».

Lire le rapport dans son intégralité ici.

Photo (Biju Boro/AFP)