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Le Parti travailliste se met la pression tout seul. Laminés aux élections générales, fantomatiques lors des municipales, les rouges espèrent prendre un bain de jouvence lors des célébrations de la naissance de Sir Seewoosagur Ramgoolam à Kewal Nagar. Le pari est risqué…

Certes, le PTr réussira probablement une chose ce dimanche : une bonne mobilisation. Mais les cadres du parti auront tort de penser que cela signale le retour au bercail des « indécis » qu’Arvin Boolell a dit vouloir reconquérir, vendredi dernier à Nouvelle-France. Le parti de Navin Ramgoolam n’est tout simplement pas prêt à reprendre du poil de la bête. Pour des raisons multiples.

A commencer par le leader lui-même. Népotisme. Autocratie. Opacité. Navin Ramgoolam cristallise autour de sa personne l’ensemble des tares que l’on attribue habituellement à nos politiques. Ses arrestations à répétition et les diverses « affaires » auxquelles on le lie ont, par ailleurs, achevé de convaincre une frange de la population que l’homme ne mérite pas une troisième chance après son rattrapage électoral de juillet 2005.

En revenant au pouvoir après sa cuisante défaite de septembre 2000, il avait projeté l’image d’un homme qui avait changé et mûri. Rompant avec la caricature d’un chef de gouvernement indécis lors des émeutes de 1999 ou de dilettante de la soirée Macarena. S’il veut revenir au-devant de la scène politique, le leader du PTr doit réussir une prouesse encore plus compliquée.

Certes, Ramgoolam a reconnu, en mai dernier, une partie de ses erreurs. Nandanee Soornack en est une, a-t-il confirmé. Malgré cet aveu, de nombreux Mauriciens doutent de sa sincérité. Car après tout, si l’homme regrette et admet ses erreurs, il n’a pas encore demandé pardon à ceux qui lui ont fait confiance dans les urnes en 2005, puis en 2010. Il est encore temps qu’il le fasse. Cela lui permettra de regagner un peu de sympathie au-delà de ses die-hards.

Plus que jamais, Ramgoolam gagnerait à jouer la carte de l’humilité. Face à un MSM un peu déboussolé par le chômage technique imposé à Pravind Jugnauth, les rouges ont en effet une carte à jouer. Toutefois, elle ne peut en aucun cas être celle de l’arrogance. SAJ « dérape » peut-être, il se peut même qu’il « panique ». Mais si c’est le cas, c’est plutôt à cause de facteurs internes – au MSM et à l’Alliance Lepep – et non à cause de la remontée du PTr.

En effet, si les sondages politiques récents montrent un tassement, voire un recul de la cote de popularité du gouvernement et de son chef, ils n’indiquent aucunement une réelle montée en puissance des rouges. C’est que le parti lui-même semble être à l’image de son leader. Il n’a pas encore tiré toutes les conséquences de la déroute électorale de décembre 2014.

Il suffit de regarder la photo de famille à chaque conférence de presse du PTr pour se rendre compte à quel point les têtes d’affiche rouges de septembre 2015 ressemblent à ceux qui étaient là à la même période en 2014… ou 2013. Certes, les Ezra Jhuboo, Osman Mahomed, Ritesh Ramphul, Mahend Gungapersad ou Raj Pentiah sont plus visibles. Mais à côté d’eux, ce sont les mêmes éléphants qui constituent la principale attraction du cirque rouge.

Le PTr doit encore se demander quelle équipe dirigeante elle veut proposer au pays. Si Arvin Boolell semble s’être résigné à rester dans l’ombre de Navin Ramgoolam, d’autres ne cachent pas leur détermination à mater la toute puissance de l’actuel leader du parti. Tout en admettant que face à un SAJ sur le départ et un Pravind Jugnauth hors jeu ; mais aussi opposé à un Xavier Duval ou un Paul Bérenger mal nés, le leader du PTr retient une bonne chance de refaire surface.

C’est justement ce type de certitudes qui a causé la perte de la défunte alliance PTr-MMM. C’est ce même type de raisonnement qui pourrait, demain, rendre les rouges vulnérables à une nouvelle saute d’humeur de l’électorat ou alors face à la décision d’un cour de justice.

Ce dimanche, si le PTr renoue avec la foule, il n’aura pas pour autant renoué avec une popularité nationale. Un long dimanche de retrouvailles avec ses troupes attend peut-être Ramgoolam. Mais il lui faut aussi savoir qu’un très long chemin de la reconquête attend son parti.

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