Donner de la voix. Sur des accords, c’est mieux. Et pour se faire entendre dans la jungle des sourds, il faut souvent hurler les choses. Comme le dit notre batteur de Premier ministre, il ne suffit pas de Diboute, kriye. Alors on chante… « La la la la la la » Et pour faire encore mieux, on suit Stromae. Alors on danse…

Oui, on danse. Car crier, assis ou debout, ne comble pas sa peine de joie. Comme un Grand Corps Malade, notre slammeur de Premier ministre livre là un message important en deux mots. Alors, mettons-les en pratique. On se lève et on crie. Pour changer de cette ambiance apathique, un peu de mouvement ne nous fera pas de mal. On a une là une « chance de progresser », alors saisissons ce moment. Levons-nous et marchons.

Ne gardons pas la mine sévère, les yeux plissés et le nez froncé. La machine est en marche. Il y a, dans la mouvance actuelle de la scène musicale, une vraie énergie positive. Bien mieux qu’avant, surtout au niveau de la mise en place de structures indépendantes. On est débout. Pas complètement droit, peut-être. Mais debout.

Et cela se voit au travers des actions comme le Festival Reggae Donn Sa, Festival Enn, Festival de Jazz Ernest Wiehé, Kaz’out Festival, les Cafés-Culture dans plusieurs régions (Le Sapin en éclaireur). Il y a aussi les créations d’associations (Association des auteurs compositeurs mauriciens, Kolektif Mizik, entre autres) pour le développement et la professionnalisation du domaine musique. Ainsi que la mise en place de labels (Culture Events, Mouv, Lively Up) et de boîtes de management (Vocalis, Indygo, Jorez Box…).

Ces actions démontrent une réelle volonté d’avancer. Il y a ce dynamisme de faire bouger les choses. Maintenant, il faudrait qu’on apprenne à mieux crier. En prendre conscience est déjà un pas en avant. On ne va pas juste se tenir debout, mais on va aussi marcher.

En attendant, avec le White Paper du Copyright Act, que l’Etat a mijoté tout seul.

C’est cuit. Et pour ne pas changer, il ne nous reste plus qu’à Diboute, kriye… ou pik enn sega (comme notre danseur de Premier ministre) au pied du Morne pour commémorer l’abolition de l’esclavage. La chanson n’est pas terminée, on va continuer. On va marcher, on va crier…