Des dizaines de milliers de protestataires descendus dans les rues depuis une semaine, quelques centaines manifestent encore aujourd’hui à Hong Kong. Ils campent encore sur la route principale qui mène vers les quartiers d’affaires et où siège le gouvernement.

Hier, nombre d’étudiants et d’habitants sont retournés à l’école et au travail. Comme ils l’avaient promis, les parapluies, comme les protestataires ont été surnommés, abandonnent peu à peu les barricades érigées travers la ville. Des discussions préliminaires entamées depuis deux jours avec les autorités semblent avoir progressé.

« Je pense que la réunion d’aujourd’hui a été un succès et qu’il y a eu du progrès », a déclaré Lau Kong-wah à l’issue de la rencontre avec des représentants des étudiants. L’Undersecretary of Constitutional and Mainland Affairs de déclarer que les deux parties étaient tombés d’accord sur les principes généraux pour des discussions formelles.

Les protestations pacifiques ont fédéré adultes et étudiants autour d’une demande commune. Que le chef exécutif se retire et que les Hongkongais puissent élire le candidat de leur choix en 2017. Si le principe du suffrage universel est acquis, la Chine a annoncé, en août dernier, qu’un panel pro-Beijing sélectionnera au préalable les candidats potentiels.

Les meneurs des protestations affirment que le mouvement « Occupy Central » ne prendra fin que lorsque leurs exigences seront remplies. « Cela doit prendre quand, et seulement quand, le gouvernement aura promis quelque chose. Sinon, il sera impossible de convaincre les gens d’arrêter », avance Alex Chow, leader de la Hong Kong Federation of Students.

Si certains voient dans le retrait des manifestants l’essoufflement du mouvement, ce n’est pas le cas de Chow. « Les gens ont besoin de repos mais ils reviendront, affirme-t-il. De nombreuses personnes continuent de soutenir le mouvement. »

Contacté par le New York Times, Albert Ho, qui s’était porté candidat pour être chief executive en 2012, se félicite que le peuple a pu faire suffisamment pression sur le gouvernement pour amorcer le dialogue. « Ils savent que le thème de la discussion est la réforme politique », souligne l’ex-leader du Democratic Party. « Avant, tout le monde traitait cela comme un chapitre clos. »

Les manifestations ont cependant un coût. Selon la Hong Kong Retail Management Association, qui a communiqué ces chiffres hier 6 octobre, les ventes dans les magasins ont chuté jusqu’à 45 % dans les quartiers d’Admiralty et de Central, où les protestations pacifiques étaient concentrées, mais aussi dans le quartier voisin de Causeway Bay. Il en est de même à Mong Kok, quartier ouvrier où a lieu les plus violents affrontements entre les manifestants, la police et des groupes pro-Beijing.

Sources : Reuters, BBC, The New York Times, L’Express, CNN