Un moment de silence. Pour laisser l’espoir siffler dans nos oreilles. [Et dans ce ballet de conflits Etat/Artistes, un peu d’humilité pour accepter, assumer ses fautes, à plusieurs niveaux, que ce soit des artistes ou de l’Etat, serait un pas vers la raison.]

Reconnaître sa part de responsabilité dans l’effondrement de la société des droits d’auteurs –incapable de satisfaire les exigences de ses membres et errant dans des avenues vicieuses – serait un pas en avant. Accepter que la situation actuelle résulte d’une combinaison de mauvaises gestions, d’une montagne de frustrations et d’une vallée de magouilles, devrait laisser place à un climat moins hostile.

Cette proposition ne se veut pas le remède à tous les maux dont l’art est souffrant, mais après avoir essayé plusieurs formules non concluantes, pourquoi ne pas passer à la phase du mea culpa ?

Exposons le fait tout haut. Sieur Choonee doit avouer qu’il ne maîtrise pas son sujet culturel comme il le doit, se permettant de mentir à la presse avec un grand sourire. J’étais présent à la rencontre des artistes au Conservatoire François Mitterrand, l’an dernier, et il n’y a jamais eu de consensus. Linzy Bacbotte, conseillère du ministre des Arts et de la Culture, a fait ce qu’elle a pu, dit-elle, mais a dû faillir quelque part pour que la situation empire à ce point. Les membres élus par les artistes sur le board de la MASA sont aussi passés à côté de leur mission, obnubilés par des intérêts personnels. La direction a géré la maison avec légèreté, engendrant des pertes d’argent, octroyant des timbres pour des disques piratés. L’AACM a aussi perdu son combat avec les 31 recommandations de sa liste, qui n’ont abouti à aucun résultat concret.

Certes, ces personnes ou ces institutions citées ci-dessus ont apporté quelques résultats positifs. Mais vu la situation actuelle, il est triste de constater qu’il y a eu plus d’erreurs au final. Car si la communauté des artistes et les acteurs culturels étaient vraiment solidaires, si le slogan Ansam nou pli for était une réalité, la nouvelle loi sur le Copyright n’aurait jamais pu être votée. Et même si l’on n’a pas pu empêcher le vote de cette loi, on aurait pu la faire sauter comme un bouchon de champagne si vraiment on avait été solidaire.

La communauté des artistes devraitprendre des leçons particulières de solidarité avec les motocyclistes. Au moins eux savent être solidaires et sont capables de dissuader le gouvernement, en l’obligeant à revoir sa position. Et éviter de faire du Popol pour se vendre à n’importe quel prix pour le pouvoir. La soif du pouvoir est la route la plus courte vers la prostitution de ses valeurs. A la communauté des artistes de revoir sa copie.