New-Delhi avait un plan B sous la main pour sauver le skipper du Thuriya au sud de l’océan Indien. Avant que le patrouilleur français L’Osiris ne soit appelé à lui porter secours, des commandos de la marine indienne – les fameux MARCOS qui ont formé les commandos de la National Coast Guard (NCG) mauricienne – étaient prêts à être parachutés à proximité du voilier.

Participant au Golden Globe Race (GGR) et 3e dans le peloton, le skipper Abhilash Tomy s’est retrouvé dans une tempête au sud-sud-est de Maurice le vendredi 19 septembre. Des vagues de 14 mètres de haut et des rafales de plus de 150 km/h ont fini par retourner son embarcation sur 360°, brisant son mât et le blessant au dos lorsqu’il a été projeté dans tous les sens. Aucun bateau de la marine australienne ou indienne ne pouvant arriver sur zone avant cinq jours, un plan B a été concocté.

Un capitaine des MARCOS posté dans l’Ouest de la Grande péninsule s’était préparé monter une opération digne d’un scénario d’Hollywood et qui n’a jamais été tenté par l’Indian Navy. Il était disposé à sauter d’un C-17 avec trois hommes aussi près que possible du Thuriya afin de porter secours à Abhilash Tomy, lui-même un commandant de la marine indienne.

« Le plan consistait à choisir les meilleurs parachutistes qui sont également de bons nageurs », a indiqué ce capitaine des forces spéciales indiennes à NDTV. «Comme ne ignorions l’étendue des blessures d’Abhilash Tomy, les commandos devaient être à son chevet avant l’arrivée des frégates australienne et indienne», ajoute un amiral. Le plan était d’autant plus urgent lorsque la première image du Thuriya par un P8 Orion parti du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport (SSRIA), à Plaisance, leur a été communiquée.

«Tout avait été pris en considération. L’état de la mer, la température de l’eau, les premiers soins. Nous avons même discuté avec le fabricant du Thuriya», précise le capitaine des MARCOS. Il y a un seul souci : « si les vents dépassés les 25 nœuds, nous ne pouvions sauter… mais nous étions pleinement disposés à le faire», laisse-t-il entendre. L’ordre de départ n’a cependant pas été donné, L’Osiris patrouillant alors près des îles Kergeulen dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), était le plus près du Thuriya.

Se remettant de ses blessures sur l’île d’Amsterdam, Abhilash Tomy explique avoir survécu en grande partie à cause du «soldat en lui».