Au gouvernement comme dans l’opposition, ils ont difficilement su retenir leurs langues en 2017. Le franc-parler habituel de sir Anerood Jugnauth (SAJ) a, par moments, atteint de nouveaux sommets. Notamment quand il a expliqué la manière avec laquelle il accueille les critiques de l’opposition.

Fidèle invétéré et esclave déclaré de SAJ, Showkutally Soodhun a marché dans les pas de son mentor question langage. Il se fait remarquer une première fois en juillet en expliquant que s’il avait une arme, il aurait tiré sur Xavier Duval pour avoir insulté l’Arabie saoudite. Deux mois plus tard, c’est sur une dame que l’ancien vice Prime minister s’acharne. La faute de celle-ci : avoir rappelé à Soodhun qu’il ne doit pas tenir un langage politicien lors d’une fonction d’Etat.

C’est toutefois le 10 novembre que le président du MSM est brutalement rattrapé par ses propos tenus lors d’une réunion avec des habitants de Bassin en juillet. D’un commun accord avec Pravind Jugnauth, il démissionne comme ministre. Un malheur n’arrivant pas seul, Soodhun est également poursuivi pour ses propos contre le leader de l’opposition.

Ravi Rutnah, par contre, ne redoute pas des poursuites. Le 19 septembre, lors d’un congrès du Muvman Liberater, l’ancien Deputy Chief Whip s’emporte contre une journaliste qui l’aurait critiqué dans un article d’opinion. La réplique de l’élu de Piton/Rivière-du-Rempart est au vitriol. Il se permet de traiter la journaliste de «lisien femel» sans montrer le moindre signe de remords. Ses propos lui valent toutefois la condamnation de membres du gouvernement et de l’opposition.

Ce n’est pas contre une journaliste, mais contre la Speaker que Mahmad Kodabaccus dérape le 31 octobre lors d’un congrès de son parti. Devant le tollé soulevé, le secrétaire général du PMSD est relevé de ses fonctions tandis que le Parliamentary Gender Caucus, comme dans le cas de Rutnah, le condamne.

Précédemment, c’est le gouvernement qui a connu un nouvel épisode gênant avec l’étalage, dans la presse et les réseaux sociaux, des frasques de Parliamentary Private Secretary Kalyan Tarolah. Dont la relation torride, via WhatsApp, avec une jeune femme bascule dans le domaine public. Notamment avec la publications de vidéos montrant les prouesses du député ainsi que les photos osées échangées par les deux correspondants sur l’application mobile. L’affaire LalangGate agace fortement les membres du gouvernement qui font le dos rond face aux critiques.