« Il n’y a pas d’autre solution que la grève. » Ashok Subron, négociateur du Joint Negotiating Panel (JNP), est catégorique. A peine la menace de grève qui pesait sur l’industrie du transport a-t-elle été levée que l’ombre d’une action syndicale similaire plane sur l’industrie cannière. Le vote pour décider du déclenchement ou non de cette action syndicale, à durée illimitée, a d’ailleurs commencé aujourd’hui.

Au cœur de ce litige qui oppose employeurs et employés de l’industrie sucrière : la hausse salariale. Alors que le JNP réclame une augmentation de 48 %, la Mauritius Sugar Producers’ Association (MSPA) a proposé 8,8 %. Le contentieux a même été porté devant la Commission de conciliation et de médiation. Le Pr Torul, qui la préside, a pour sa part recommandé une hausse de 15 %. Ce chiffre ne satisfaisant aucune des deux parties, le Pr Torul les a référées à porter l’affaire devant l’Employment Relations Tribunal.

Mais les membres regroupés au sein du JNP ne l’entendent pas de cette oreille. « Les négociations durent depuis deux ans. Et l’option de la grève, cela fait longtemps qu’on en parle », assure Ashok Subron. « Nou pa ti pe atann ki pou ena kanpagn elektoral », ajoute-t-il. Quelque « 70 % des votants se sont déplacés » jusqu’ici, indique le syndicaliste, pour cet exercice qui s’est déroulé « sans problème en présence de cadres du ministère du Travail ».

« Nous ne nous opposerons pas à une grève légale », a pour sa part déclaré Jean Li, directeur de la MSPA, dans un communiqué émis aujourd’hui. L’association des producteurs de sucre fait toutefois valoir que cette action n’est pas « la solution » et que le dialogue reste le meilleur choix. « Par contre, poursuit Jean Li, il est important que cette grève, si elle se concrétise, se déroule dans le calme et le dialogue. » Afin, dit-il, que « les opérations en souffrent le moins possible ».

La MSPA de rappeler un « contexte international déjà très difficile » et de faire valoir qu’une grève – « qui desservira les intérêts de tous dans l’industrie » – enverrait un signal que le secteur sucrier, à Maurice, n’est pas fiable.

Le vote continue à travers l’île jusqu’au 4 novembre. Ce n’est qu’alors que l’on saura de manière définitive s’il y aura grève illimitée dans l’industrie sucrière à compter du 12 novembre.

Photo : BioEnergy Consult