Les 74 Corruption Prevention Reviews (CPR) effectuées par l’Independent Commission against Corruption (ICAC) ont été compilées en quatre volumes. Le premier volet a été rendu public aujourd’hui. Ces documents, compilés par les analystes de l’ICAC, évaluent les risques de corruption au sein des « public bodies » régulièrement visés dans les complaintes.

Initiées depuis 2006, les CPR ont permis d’attirer l’attention de certaines administrations sur la nécessité d’améliorer leur fonctionnement et leurs systèmes de contrôle. Si le directeur général de l’ICAC, Anil Ujoodha, admet que «la mise en œuvre des recommandations des CPR a varié parmi les organismes publics », il dit toutefois constater un « genuine drive » de les appliquer.

Dans ce premier volume, les risques au sein de certains départements des ministères de l’Industrie, du Travail et de la Santé, du Registry of Associations ainsi que du District Council de Grand-Port-Savanne ont été évalués. Ci-dessous, quelques-unes des main findings de l’ICAC :

A la Consumer Protection Unit

  • Il existe un risque d’inspections sélectives car celles-ci ne sont pas organisées de manière systématique.
  • Il n’y a pas de rotation systématique du personnel effectuant les inspections, augmentant ainsi les risques de connivence durant leur travail de terrain.

Au Labour Administration and Industrial Relations Department

  • Le staff n’a pas de mécanisme administratif pour signaler les cas de conflits d’intérêts dans l’exercice de ses fonctions.
  • Il n’existe pas de rotation régulière du personnel qui est régulièrement en contact avec les entreprises inspectées.
  • Certains rapports d’inspection n’ont jamais été soumis à la hiérarchie du département ou alors, ont été rendus avec un retard considérable.
  • Les « high risk areas » de l’inspection, de la gestion des complaintes et des poursuites ainsi que de la résolution des conflits du travail ne sont pas prises en compte par l’audit interne. Qui s’intéresse davantage aux questions financières.

Au Public Health Department du District Council de Grand-Port-Savanne

  • Les traitements injustifiés ne sont pas facilement détectables en l’absence de procédures écrites claires. Ces failles peuvent ainsi être exploitées par des personnes souhaitant annuler un Notice of Intended Prosecution en contrepartie d’un arrangement financier.
  • L’allocation d’étals et d’espaces doit être « particularly monitored » notamment à cause d’un manque de « supervisory control » et du peu de conscientisation du public par rapport  aux procédures à suivre et auxpossibilités de rapporter des pratiques douteuses.

Au département d’inspection de la Food Import Unit du ministère de la Santé

  • Les inspecteurs effectuent seuls les visites, ce qui leur confère un haut degré d’autonomie et de discrétion. Rendant ainsi difficile la tâche de contrôler leurs activités.
  • Il n’existe pas de procédures pour rapport aux conflits d’intérêts.