Son audition a duré environ une heure et vingt minutes. Tout le long, Roshi Bhadain n’a cessé de dire qu’il n’avait rien à voir avec la vente des actions de Britam. Mais l’ex-juge Bushan Domah ne l’a pas laissé traîner en longueur. Le président de la commission d’enquête lui intimant à plusieurs reprises de donner des «réponses courtes et concises», voire de «wrap up your answers».

L’ex-ministre des Services financiers est arrivé armé d’une pile de documents. Qu’il a posés bien en évidence à ses côtés dans la salle d’audience.

Bushan Domah le confronte aux propos de Yacoob Ramtoola, administrateur spécial pour BAI. Celui-ci avait déclaré qu’il avait «consulté» et «liaised with» Bhadain pour les décisions concernant la vente des parts de BAI dans Britam.

«Consult? liaise…?  Next, they are going to say they were in bed with me», a répliqué le leader du Reform Party, qui semblait à la fois amusé mais aussi sur la défensive. Il réfute cependant les propos de Ramtoola devant la commission Domah.

L’ancien ministre de la Bonne gouvernance a maintenu sa position : c’est le special administrator qui a négocié et décidé du prix, c’est le ministère des finances qui a décidé de la vente des actions de Britam Kenya. De même, Bhadain soutient qu’il n’était pas au courant du voyage de Vidianand Lutchmeeparsad, alors Permanent Secretary aux Finances, à Nairobi pour les discussions avec Peter Munga et Britam Kenya. Quant à l’offre de Rs 4,3 milliards : «All fiction», a rétorqué Bhadain, il n’y avait jamais eu d’offre de cet ordre.

Il n’a pas non plus eu de consultations avec le special administrator. «Neither am I his lawyer or his doctor», a ironisé l’ex-ministre. S’il nie avoir été impliqué dans les décisions, Bhadain explique qu’il devait toutefois être informé des progrès de ce qui touchait à son ministère. Car il devait répondre au Premier ministre. Etre tenu au courant, a précisé l’avocat, ne veut pas dire pour autant qu’il avait «quelque chose à voir avec la vente».

«People need to know to take responsibility. Do not come and say that doing your job as a professional, you are liaising or consulting», a encore balancé l’ancien ministre. L’administrateur spécial a négocié le prix, il a fait son travail selon la loi, a poursuivi Bhadain : il doit maintenant l’assumer.

Yacoob Ramtoola a évoqué devant la commission avoir été «pressured» pour la vente des actions de Britam et avait «impliqué» le ministre, a interjeté l’ex-juge Domah. «Bullshit! Complete full bullshit!» a lâché Roshi Bhadain. Avant de s’excuser à demi-mot : «Excuse my French.»

Roshi Bhadain s’est entretenu en privé, à la fin, avec l’ex-juge Domah de même que ses assesseurs Sattar Hajee Abdoula et et Imrith Ramtohul sur un «point de droit».

L’ex-ministre était accompagné, ce jeudi 30 août, de son père Chand Bhadain, de son épouse et de quelques membres de son parti.

A l’issue de son audition, Bhadain s’est offusqué de la présence d’un «cuisinier» au sein de la commission d’enquête.