Il faut évoluer avec son temps. Face aux critiques formulées par la commission d’enquête sur les drogues présidée par l’ex-juge Paul Lam Shang Leen sur certains membres du barreau, le Conseil de l’ordre des avocats estime qu’il est grand temps de dépoussiérer ses règlements vieux de 61 ans. Dans un communiqué émis ce samedi 4 août, le président du Mauritius Bar Council, MHervé Duval indique qu’il «y a un processus de consultation qui a déjà commencé» et qu’une réunion est prévue le jeudi 16 août prochain «pour passer en revue les points de vue exprimés par ses membres et faire connaître par la suite sa position sur les diverses recommandations».

«Quant aux critiques adressées au Bar Council, l’heure n’est pas à la polémique mais à l’action. On aimerait éviter les faux procès et les amalgames faciles», fait ressortir le Senior Counsel. «Être responsable, c’est faire ce qu’on doit faire dans les règles de l’art. Et non de faire ce qu’on veut, n’importe comment, même avec les meilleures intentions du monde», souligne-t-il.

Les objectifs du Bar Council, souligne MDuval, visent «avant tout [à] sauvegarder l’intérêt de la profession et de ses membres». «Il est entendu que le Bar Council se doit de sévir contre ceux qui ne respectent pas les lois et code d’éthique. Les pouvoirs disciplinaires du Bar Council sont aussi définis par la loi. Nous pouvons tous convenir que la loi de 1957 […] a perdu de son efficacité, mais l’objet auquel elle est dédiée est toujours d’actualité», enchaîne-t-il.

«La situation exige que le Bar Council fasse tout ce qu’il peut dans les limites de la législation actuelle. Je pense qu’il sera plus utile et productif pour le Bar Council de se concentrer sur la réalisation de son projet, après avoir convaincu les membres de l’Association et toutes les parties prenantes de sa pertinence, que de polémiquer sur les responsabilités des uns et des autres sous la législation actuelle», écrit MDuval.

Il avance également que la commission Lam Shang Leen ignorait, «au moment de finaliser son rapport», quelles sont les priorités du nouveau comité exécutif du Bar Council et des démarches en vue de «définir un projet, qui ne se limitera pas à réclamer des changements dans notre loi».