Les contestataires ont finalement fait reculer le gouvernement français. La ratification du traité de cogestion de Tromelin par le Parlement s’annonçait comme une simple formalité. Prévu pour ce mercredi 18 janvier, il a finalement été enlevé de l’ordre du jour.

« La concertation est à approfondir avec les parlementaires », a indiqué à l’AFP André Vallini, secrétaire d’Etat chargé des relations parlementaires.

Il faut dire que le gouvernement faisait face à une fronde menée notamment par la droite et l’extrême droite. Comme en 2013, lors d’une première tentative de ratification.

Philippe Folliot (UDI) avait lancé les hostilités au nom de la « souveraineté » française avec une tribune publiée dans Le Figaro. Marine Le Pen s’était ensuite prononcée contre la ratification du traité dans un communiqué.

Le député du Tarn ainsi que Gilbert Le Bris (Parti socialiste) et Laurent Furst (Les Républicains) ont aussi lancé une pétition sur le site change.org. Sous le slogan « L’île de Tromelin doit rester française ! », celle-ci a recueilli 11 689 signatures.

Les assurances de Mathias Felk au Parlement, la semaine dernière, à l’effet que la souveraineté de l’Etat français n’était pas menacée n’auront donc pas suffi.

A l’annonce du retrait du texte de loi, les trois hommes se sont réjouis que « le Gouvernement ait écouté nos légitimes arguments » et « entendu l’exceptionnelle mobilisation populaire ».

Le Front national s’est aussi félicité de ce recul. Soulignant le « travail acharné des parlementaires FN et RBM » ainsi que « l’extraordinaire mobilisation patriote à travers tout le pays, y compris sur les réseaux sociaux » mais aussi le rôle de Marine Le Pen dans la « défense [des] intérêts stratégiques » de la France.

Comment le gouvernement explique-t-il ce retrait ? « Un débat irrationnel s’est emparé d’un certain nombre de groupes politiques », a fait remarquer cette même source. Ajouté à cela le contexte électoral actuel et l’« absence de sérénité », le gouvernement a préféré faire marche arrière.

Le projet n’est pas abandonné pour autant. Il reviendra au prochain gouvernement de ratifier le traité, signé en 2010 après deux décennies de négociations, selon une source citée par Le Monde.

Photo via archaeology.org