Ils devaient entamer leur grève de la faim demain. Ces clients du plan Super Cash Back Gold (SCBG) et ex-investisseurs de Bramer Asset Management (BAM) devront toutefois patienter. En cause : la municipalité refuse de leur accorder l’autorisation d’occuper la Place des droits humains, au jardin de la Compagnie.

« Au niveau de la municipalité, explique Salim Muthy, on nous a informés que la police recommande de ne pas allouer ce lieu pour la tenue d’une grève. » Le porte-parole de ceux qui se disent victimes de la saga BAI ne baisse pas pour autant les bras. Et compte solliciter directement le lord-maire.

« Nous avons rendez-vous avec lui demain matin », indique Salim Muthy. Qui espère qu’Oumar Kholeegan sera favorable à la demande de la dizaine de grévistes, Mauriciens et étrangers. Et que leur action pourra alors démarrer ce mercredi 5 octobre.

Il concède que le regroupement a reçu des propositions de particuliers pour d’autres lieux où mener cette action. Salim Muthy estime toutefois que la Place des droits humains est la plus appropriée « pour revendiquer nos droits fondamentaux, et au minimum notre liberté d’expression ».

Et si le chef de l’exécutif de Port-Louis maintient sa position ? « Nous saisirons la Cour suprême », déclare résolument Salim Muthy. Qui insiste que la grève, dont le principe avait été avalisé lors d’une réunion, le septembre dernier, « est maintenue, coûte que coûte ».

« Les autorités ont manqué à leur parole donnée l’année dernière, soutient le travailleur social. Elles n’ont pas respecté leur engagement. » Et d’affirmer que certaines personnes n’ont toujours pas reçu les ‘debentures’ promis. Que d’autres attendent toujours d’être payées, alors que le ministre des Services financiers a déclaré que tout avait été fait. « Elles ont ensuite proposé des formules qui les arrangent mais ne sont pas dans l’intérêt des clients », déplore Muthy.

Roshi Bhadain, relève-t-il, avait d’ailleurs été convié à l’assemblée du 4 septembre. Mais il n’est pas venu. Son bureau avait cependant indiqué le même jour, poursuit notre interlocuteur, qu’une rencontre aurait lieu « dans les jours à venir ».

« Depuis, c’est le black-out total », s’insurge Muthy. « C’est la même chose du côté du National Property Fund Ltd, qui ne communique pas alors que des dossiers qui avaient été référés à la Financial Intelligence Unit lui ont été renvoyés », note le travailleur social. « Les gens sont dans le flou. »

Et de relever que des clients étrangers, qui se sont déplacés exprès dans l’île, sont logés à la même enseigne. Et font face à un mur quand ils tentent de se renseigner sur leurs dossiers. « Des drames humains se jouent au quotidien. »

« C’est grave qu’à cause du manque d’information, du manque de communication des autorités, parce qu’elles refusent de s’asseoir avec nous autour d’une table, nous devions entamer une grève de la faim », dit Salim Muthy.

Pourtant, les victimes qu’il représente sont « prêtes à faire des concessions ». « Il n’y a pas d’argent pour effectuer les paiements ? On n’arrive pas à vendre les actions ou les biens du groupe BAI ? Qu’on nous le dise. Nous pouvons attendre, un mois ou six, mais qu’on fasse preuve de franchise. »

Le regroupement a le soutien de l’association des investisseurs de Bramer Asset Management mais se dissocie du comité de soutien aux clients de SCBG. « Zot inn pas par derier pou negosie ek minis, sans consentement ni consensus. On ne les entend d’ailleurs plus. »

Photo : Salim Muthy (au centre) et des clients de SCBG et de BAM, en conférence de presse fin août.