L’exercice d’abattage de roussettes entamé fin octobre est censé avoir pris fin le 10 décembre. Mais il devrait être prolongé, apprend-on de sources très proches du dossier. Si le quota initial fixé au niveau du ministère de l’Agro-industrie était de 13 000 têtes, les éléments de la Special Mobile Force n’en ont éliminé qu’environ la moitié.

Le ministère est en attente d’un rapport afin de décider de la marche à suivre. On refuse toutefois, à ce stade, de réagir officiellement.

Du côté de la Mauritian Wildlife Foundation, on préfère attendre les chiffres officiels avant de les commenter. «Toute chauve-souris abattue est une chauve-souris de trop», déplore Vikash Tatayah. D’autant que lors du premier exercice il y a quatre ans, 30 800 roussettes avaient été tuées alors que le quota initial était de 18 000, souligne le directeur de conservation.

Du reste, contrairement à la croyance populaire, ces mammifères endémiques ne sont pas les seules responsables des dégâts aux arbres fruitiers, souligne Tatayah. Il y a les intempéries, les maladies, les rats et singes, les mouches de fruits, ou encore des voleurs, très humains ceux-là.

Une demande d’injonction contre l’abattage a été logée, fin novembre, en Cour suprême par l’ONG Dis-MOI. L’affaire est toujours en cours et sera appelée de nouveau en janvier prochain. Les activistes à l’origine de la plainte sont confiants que la justice tranchera en leur faveur. «ll est trop tard pour stopper le récent abattage», le troisième en quatre ans, reconnaît-on. «Mais il faut une décision pour le futur.» Car d’un exercice ponctuel en 2015, celui-ci est devenu «routinier».

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a, cette année, classée la roussette sur sa liste rouge. Soit celle des espèces en danger d’extinction, une conséquence directe des exercices d’abattage depuis 2015, font remarquer les environnementalistes. Si pour l’UICN, un comptage effectué en 2017 situe la population de cette chauve-souris endémique de Maurice à 37 700 adultes, ils sont près du double, à en croire les services de l’Agro-industrie.

Photo via Mauritian Wildlife Foundation/ Facebook