«Nous avons eu des menaces verbales» à cause des revendications mauriciennes sur les Chagos. Des «représailles», a précisé Pravind Jugnauth à BBC News, portent sur «des questions de commerce et d’investissement et sur nos relations avec le Royaume-Uni». C’est la première fois que le Premier ministre précise la nature de telles «menaces». S’il les a évoquées sans donner de détails, la semaine dernière, le chef du gouvernement a ajouté par ailleurs que le différend sur le dossier Chagos n’empêche pas de bonnes relations par ailleurs.

La BBC se réfère, dans son article, à un appel de Boris Johnson, alors secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, au chef du gouvernement mauricien pour «faire pression sur Maurice afin qu’il renonce à sa demande». Ce coup de fil date d’avant le vote de la résolution qu’avait présentée Maurice à l’Assemblée générale des Nations unies, en juin dernier, afin de pouvoir saisir la Cour internationale de justice, confirme Raj Meetarbhan, conseiller auprès du Premier ministre.

Raj Meetarbhan fait ressortir que «le chantage et les menaces exercés sur Maurice (…) sont indignes de la Grande-Bretagne». Car, souligne-t-il, il est question «d’un processus de décolonisation qui n’a pas été mené à bien au regard du droit international et non d’un simple différend territorial entre deux Etats». Et non d’un «différend territorial» comme le maintient le Foreign Office britannique, poursuit notre interlocuteur.

C’est bien le Royaume-Uni, rappelle Meetarbhan, qui a refusé de discuter de décolonisation durant les pourparlers suggérés par les Nations unies et qui s’étaient tenus courant 2017. «On attend de la Grande Bretagne des arguments juridiques et non une intimidation à l’encontre de Maurice», ajoute le conseiller du Premier ministre.

Une délégation du Groupe Réfugiés Chagos a pris l’avion, ce matin, pour La Haye. Elle sera aux côtés de sir Anerood Jugnauth, lors des auditions qui débuteront à la Cour internationale de justice le 3 septembre. Le ministre mentor est chargé de plaider la cause mauricienne. Lysebie Elyséee, Chagossienne native de l’archipel, témoignera également.

Maurice veut que sa souveraineté sur les Chagos soit reconnue. Et réitère que la base militaire américaine sur Diego Garcia n’est pas menacée.

Photo (Facebook/ Olivier Bancoult) : La délégation du Groupe Réfugiés Chagos qui se rend à La Haye, le 29 août.